Live reports / 07/11/2015

8 millions d’étincelles pour célébrer le français

27 septembre. La Belgique francophone est en fête. Plusieurs jours remplis de musique, d’alcool et de rires. Et si on parle bien officiellement de « Fête de Fédération Wallonie-Bruxelles », la politique est secondaire. Sur scène, quelques artistes belges côtoient Zazie, Louane et Salomé Leclerc. Pas de belgitude revendiquée, encore moins d’appel à la sauvegarde d’une éventuelle identité francophone. Pendant les fêtes de Wallonie, on s’amuse. That ‘s it.

Autant dire que le choc est rude lorsqu’une jeune belge débarque à Montréal et se voit conviée aux célébrations du 23 juin. La Saint-Jean-Baptiste ou « Fête nationale du Québec » bat alors son plein. Un jour officiellement férié, de la musique – francophone – en rafale et de la bière qui coule à flot. La comparaison s’arrête là.

Il y a des spectacles qui intriguent, d’autres qui amusent et ceux qui secouent. Et puis, il y a ces spectacles dont on ne revient jamais complètement.  Cet article a pris du temps. Trois mois à penser, à réfléchir sur la signification de chaque détail. Tout, dans les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste est calculé, tout est politisé et, en même temps, tout relève d’un amour profond des Québécois(es) pour leur « pays » et leur langue. Un amour rare et complexe. Il faut connaître l’histoire du Québec pour comprendre cet attachement profond.

Organisé comme un « entre deux », entre les célèbres Francofolies et le prestigieux Festival International de Jazz – même lieu, même scène – le spectacle de la Fête Nationale du Québec à Montréal annonçait la présence d’artistes tels que Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Isabelle Boulay, Patrice Michaud, Marie-Pierre Arthur, Boukar Diouf et Louis-José Houde. De fiers représentants de la culture québécoise, a priori peu enclin à parler politique. Pourtant, de par leurs choix de chanson, leurs interventions et leurs costumes de scènes, ils criaient leur amour à leur « pays ». Pas une pointe de rouge, tout était bleu, du vernis de ces dames au drapeau à la fleur de lys arboré fièrement par l’humoriste-animateur de la soirée.

Une jolie surprise attendait les spectateurs : Louise Forestier, Gilles Vigneault et Yvon Deschamps ont rejoint la relève sur scène. Eux qui, 40 ans plus tôt, enflammaient le Mont Royal avec leurs Gens du pays. C’était en 1975, ils étaient alors accompagnés de Robert Charlebois et de feu Claude Léveillé.  Un évènement devenu culte et des artistes devenus immortels tant ils auront, eux aussi, marqué l’histoire du Québec.



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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal






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