Live reports / 01/10/2012

AV dans la catégorie 80

Le retour des eighties plane comme une ombre sur la nouvelle pop music à la française depuis quelques années déjà. Parmi les nouveaux noms qui circulent, on entend Granville, O Safari, Lescop, BBrunes (qui délaissent le côté Téléphone pour le sacre d’Etienne Daho) ou encore AV. AV comme Adrien Viot, artiste à la tête de ce nouveau groupe qui se distingue par un parti pris musical plus sombre, plus profond peut être que leurs confrères. Plus new-wave que pop. Plus Darc que Daho. Un peu de Biolay du « 15 Septembre » dans le ton de la voix. AV ne chante pas les jupes qui se soulèvent et les cheveux ébouriffés pas le vent.

« Venus bar ». Le décor est planté : un coin sombre, d’un bar mal éclairé par des néons rouges et bleus (ô choix délicieux du visuel!). Une odeur d’alcool fort plutôt que de grenadine. Même si le coeur est là, il se révèle plus tourmenté, plus malmené.  Moins léger, c’est certain. Moins provoquant qu’un Jacno, mais quelque peu insolent, ceci dit. Il y a du relief dans cette new-wave réadapté, dans ces sons 80 du 21ème siècle. Et tout ceci sonne juste. Magnétique sur scène, sur des synthétiseurs organiques, AV dépeint des tableaux, raconte des histoires avec une qualité d’écriture étonnante pour sa jeunesse. Des états aux âmes. Comme le grain d’un noir et blanc. Pas de gris. Même si en live, c’est toujours sous des néons que se cachent Adrien et son groupe.

Et si dans sa famille musicale Lescop s’impose en frère, AV se distingue du peloton par un charisme et une poésie noire plus ancrée dans le réel, plus réelle certainement quand on l’écoute, un bras accoudé au bar de la Flèche d’Or, où malgré la foule et les copains qui nous entourent, il n’y a plus que le groupe et nous. Puis les mots qui sonnent juste, percutent et s’incarnent. Si le bon goût de la comparaison à la française lui veut aujourd’hui les honneurs d’être rapproché de Christophe ou Daniel Darc, on souhaite que les sons d’AV se propagent comme les vapeurs d’alcool sur les nuits embrumées, comme les armées de promesses que l’on se fait la nuit tombée. Qu’ils se propagent et qu’ils demeurent. Parce qu’il y a de l’avenir dans cet avant-goût là.

AV : Adrien Viot donc (compos, textes, chant), Vincent Béchet (guitare), Eugénie Goloschapov (basse) et Youenn Dekeister (machines).

 


Tags:  adrien viot années 80 av daniel darc flèche d'or granville ivox pop music

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