« Blanc », la mise à nue de Julie Zenatti

julie zenatti

On s’est souvent demandé comment les chanteuses à voix pouvaient amorcer leur retour, retrouver la grâce auprès des radios et du métier (qui jusqu’en 2005 les saluaient). Certaines s’enferment dans le passé, d’autres dans des concepts, et celles qui tentent de prendre le contre pied sont rares.
Julie Zenatti, elle, amorce un retour avec « Blanc » plus de cinq ans après son dernier album studio « Plus de Diva ». Sans label à la fin de l’exploitation de ce dernier disque, la chanteuse n’abandonne rien. Elle fait des tentatives de collaboration, quelques essais et certaines rencontres décisives lui redonnent l’élan nécessaire à la poursuite de son entreprise. Avec le soutien du label Capitol, Julie Zenatti a 34 ans, se dévoile, enfin.

Adieu Fleur de Lys, adieu « Princesse« ! « Blanc » est un album sincère et délicat, il sonne comme « une deuxième rencontre en feux de joie ». C’est ainsi qu’elle le chante elle-même dans « Là où nous en sommes » et c’est l’impression qu’elle nous laisse. Il n’était plus question de faire semblant, de tricher. La chanteuse donnait le ton, déjà, en dévoilant en premier extrait « D’où je viens ».

Sans renier les belles heures de la variété, les arrangements tirent vers la modernité attendue avec des notes folk et surtout pop, comme sur « La Vérité », l’un des titres les plus forts de l’album, ou « La Contemplation » marquée par des envolées gracieuses et rythmées qui révèlent les nombreuses nuances d’une des plus belles voix françaises.

 

Mais où es-tu ? Où es-tu ?
Derrière ce regard furieux, où te caches-tu ?
Ce n’est plus vraiment toi,
depuis longtemps déjà,

 

Julie Zenatti baisse la garde, devient bouleversante sur « A L’Ouest » (signée Da Silva), « Pars sans rien dire » (Patrick Fiori) ou encore « Je ne t’en veux pas » : une magnifique ballade, le titre fort du genre qui manquait à la chanteuse après l’inoubliable « Si j’m’en sors ». On regrette seulement le choix de Grégoire comme duettiste dont l’interprétation n’est pas à la hauteur de celle de la chanteuse.

 

 

Elle chante l’amour, l’amour apaisé, les sentiments dévoilés et maitrisés. Elle raconte ses racines, la fin des illusions. Elle parle de pardon, de fragilité, de ses souvenirs autant que de ses regrets avec pudeur et élégance. On la devine forte et espiègle, douce et gracieuse.

Loin des clichés, Julie Zenatti propose un sixième album, honnête et émouvant. Coup de coeur.