« Ce que public veut », Julie Zenatti peut

« Ce que public veut, Julie peut !». C’est avec ce slogan qu’elle nous accueilli en ce dimanche 2 juin dans ce qu’elle prend plaisir à appeler « son salon » pour un concert « comme à la maison, on fait, on défait, on refait, on se trompe, on recommence » avec tournée de bonbons. Depuis le 12 mai – et jusqu’au 30 juin – l’artiste est au Ciné 13 à Paris.

 

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Passer quelques instants alors qu’ont lieu des répétitions, c’est découvrir l’envers du décor, c’est voir à quel point il peut être compliqué de faire un duo, de décider qui chante quoi, combien de fois le mot « Roxanne » sera prononcé … C’est découvrir le « avant le concert », afin d’apprécier encore plus intensément le « pendant ». C’est aussi s’imprégner de cette salle si chaleureuse, où il fait bon de se trouver, photos aux murs, piano, fauteuils, petites lampes : une ambiance cosy où l’on a hâte de se retrouver pour un concert intimiste. Après quatre dimanches au Ciné 13, Julie Zenatti reviendra pendant quatre dimanches encore avec pour chaque soir un thème différent. Et ce soir-là, elle a chanté ce que le public lui a demandé de chanter.

Julie et Idriss El Mehdi, son pianiste, ont fait leur apparition sur *Ma Douleur*  et nous ont donné le ton de la soirée : douceur et émotions au programme. Ils ont ensuite enchaîné avec *Eldorado*, un titre du tout premier album qui annonçait également que le public ne tarderait bientôt pas à se lever et bouger un peu !

Entonnant *People help the people* de Cherry Ghost, reprise par Birdy, elle a ainsi su capter l’attention du public, à l’écoute de ce titre si calme et intense. Mais les dimanches au Ciné 13 de Julie Zenatti sont l’occasion de découvrir des duos inédits. Quelques notes ont alors résonné, celles de Julie. Et c’est Sofia Essaidi qui est montée sur scène pour *Roxanne* de Police. Un duo 100% féminin et 100% au top. Depuis les répétitions, chacune avait trouvé sa place dans la chanson, leur complicité extrêmement visible et la reprise sublime.

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Et quitte à faire un concert de reprises, autant parler des reprises elles-mêmes, parce que l’artiste aime parler à son public. C’est en racontant de petites anecdotes qu’elle a introduit *L’aventurier* d’Indochine, reprise haute en couleur où le public a découvert une Julie Zenatti déchainée sur scène.

*Couvre-Moi*, *L’un souffre l’autre s’ennuie*, et la très jolie inédite *Ca Tourne* – donnant un aperçu du prochain opus – ont suivi. Avant de faire découvrir à son public fidèle depuis dix ans, et qu’elle a chaudement remercié, un extrait de l’amicale *C’est dit* de Calogero.  Elle a notamment précisé :

« On voulait faire cette chanson pour vous remercier, puis pour remercier tous mes amis (..) j’vais juste vous dire merci ! ».

En distillant quelques petites anecdotes sur sa carrière, ses chansons, elle a accueilli Claudio Tagbo pour un deuxième duo avec *Pround Mary* de Creedence Clearwater Reviva. Une salle conquise s’est levée pour les accompagner dans ce moment rempli d’énergie et de partage.

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La chaleureuse Julie Zenatti, estimant que son public ne chantait pas assez, est ensuite descendue sur scène pour interprêter *Une tête à deux places*. « Je suis complètement boulimique de l’amour des autres » a-t-elle expliqué. Et pour illustrer l’idée, rien de tel que de rejoindre son public le temps d’un morceau.

Pour retourner du côté de son côté calme, elle a enchainé avec *La vie fait ce qu’elle veut* et une sublime chanson de Whitney Houston  *The greatest Love Of All*, une artiste qu’elle a avoué adorer et chanter dans sa salle de bain. Reprise qu’elle interprètera avec beaucoup d’émotion et une grande sensibilité.

Mais il était temps de terminer et *Je te manque*, un duo avec François Raoult qu’elle a récemment fait découvrir à son public, une chanson remplie de sincérité et de tendresse, a touché la salle, comblée. Qu’elle a ensuite remerciée avec *Princesse* et la gracieuse et élégante *Si je m’en sors* .

Un final debout avec un public à en réclamer toujours plus après plus d’1h45 de concert, un piano-voix unique, où Julie et Mehdi étaient en accord parfait, où la douceur du piano a mis en valeur la puissance de sa voix. Un savoureux mélange que l’on prend plaisir à écouter, et qui n’a pas duré assez longtemps au goût d’un public gourmand qui en a redemandé.

De Julie Zenatti, on retiendra cette énergie, elle n’a peut-être plus l’âge d’être une princesse comme elle le dit, mais elle a de l’énergie à revendre, et une vitalité qu’elle transmet à son public. On dira également que « c’était cool », qu’elle n’est pas qu’une chanteuse dépressive qui crie, au contraire, intensité, maîtrise et éclats de rire ont été les maîtres mots de la soirée !

Bravo à elle !

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