Live reports / 21/04/2017

Festival Clap your hands, première soirée au Café de la Danse

Ce jeudi débutait donc au Café de la Danse la première soirée de la septième édition du festival Clap Your Hands avec Jo Wedin et Jean Felzine, Seafret et Warhaus. Enthousiasmé par Warhaus, attiré par Jo Wein et Jean Felzine, alors que Seafret nous étaient inconnus, le festival offrait une belle occasion de tous les découvrir sur scène. Récit.

En ouverture, Jo Wedin et Jean Felzine, heureuse découverte, auteurs d’un EP portant leur nom sorti en 2015, est un groupe pop qui navigue entre des sonorités synthé-funky (Les hommes ne sont plus des hommes) jusqu’à un slow suavement agressif (Idiot). Leurs morceaux ambiancent en ce début de soirée un public alors clairsemé, et qui ne commencera à devenir conséquent qu’à la fin de leur set. Après plusieurs morceaux et après avoir souligné et salué la majorité féminine du public, le groupe entonne « Les hommes ne sont plus des hommes » une chanson qui, sous prétexte de regretter une émasculation, dénonce en creux les clichés virilistes et embrasse délicieusement la cause féministe. Leur titre chaloupé « Chanter, baiser, boire et manger » sera aussi touchant avec ses quelques tendres échanges où, quand Jean Felzine remarque que cette devise ne serait que des « peines un peu partagées » (qui évoque la formule de Peter Peter et sa « version améliorée de la tristesse »), Jo Wedin lui répond que quand il sera moche, vieux et malade, elle sera toujours à ses côtés à chanter, baiser, boire et manger. Ce contraste efficace entre le fond des sentiments et la forme de leur expression, bien porté par Jo Wedin et Jean Felzine, nous rappelle d’ailleurs, dans un style différent, la tout aussi belle « Baiser tout le temps » de Beaupain que l’on se chantonnera, une fois le concert terminé, en attendant Seafret.

C’est ensuite au tour de Seafret, qui arrive sur une scène où trône désormais une de ces boîtes lumineuses à-la-mode avec le nom du groupe, parce qu’on est en 2017 et qu’il devient difficile de se souvenir à quoi ressemble le respect. Quand Jack Sedman, à la voix, et Harry Draper, à la guitare, commencent leur set viennent ces souvenirs lancinants de soirées d’été adolescentes où bières, joints et baisers passaient sur la plage de bouche en bouche pendant qu’un pote jouait de la gratte à côté. On y retrouve ces mêmes accords secs et brutaux, ces voix légèrement brisées et cette candeur un peu bête, celle des moments où l’on pensait avoir tout compris de la vie et de l’amour sans avoir encore vraiment vécu. C’est touchant et cela devient vite chiant, passé un ou deux morceaux. Non qu’ils seraient particulièrement mauvais car, après tout, ils ont un public fidèle et enthousiaste. Mais, tout simplement, parce qu’il existe tellement de groupes similaires par génération, c’en est si intemporel, si commun, que si ce n’est pas notre présent, on se lasse vite et arrive le moment où l’on se souvient que le sable nous grattait les fesses, comme leur musique.

« My soul softly flaps in the little Pentecost flame with you, like the peace of fucking. We fucked a flame into being. Even the flowers are fucked into being between the sun and the earth. But it’s a delicate thing, and takes patience and the long pause. »
D.H. Lawrence – Lady Chatterley’s lover

C’est donc du sulfureux L’amant de Lady Chatterley, livre dont Céline écrivait dans un de ses pamphlets que ce n’était « [qu’]une pauvre bite de garde-chasse pour 650 pages », que le leader de Balathazar, Maarten Devoldere, a pioché le joli titre de son album solo : We fucked a flame into being. L’emprunt ne semble pas unique tant la photo choisie pour l’album rappelle furieusement celle de l’album Blood Pressures des Kills. Warhaus, donc, puisque c’est le nom qu’il s’est choisi, venait défendre son album sorti début septembre 2016, avec sa belle gueule blonde à la mâchoire carrée et son grand manteau. Accompagné par Sylvie Kreusch au choeur, qui se déhanchera derrière lui en tunique 60’s, mais aussi accompagné par une guitare et une batterie, Warhaus ne rechigne pas devant quelques coups de trompette bien sentis pour développer sur scène une ambiance rétro et qui, sans loi Evin, appellerait whisky et cigare. Ca marche bien, même très bien, et on se laisse convaincre sans peine par cet univers très « film noir » quand bien même la prestation souffre des mêmes déséquilibres que l’album. Le set se terminera sur Bruxelles, une chanson narrant une rupture et un départ de Bruxelles, un peu ce que l’on ressent en devant quitter ce groupe et cette première soirée au Café de la Danse.


Tags:  cafe de la danse Clap your hands Jean Felzine Jo Wedin Maarten Devoldere Seafret Warhaus

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Pierrick Prévert




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