Live reports / 15/02/2014

Da Silva – Villa Rosa Tour au Café de la Danse

Mercredi 12 février, un peu plus de quatre mois après la sortie de Villa Rosa, son cinquième album, Da Silva est en tournée pour défendre cet album où la pop est à l’honneur. Après un rendez-vous raté fin novembre à la Nouvelle Eve, le public parisien a le droit à sa séance de rattrapage ce soir dans la salle du Café de la Danse. La salle est complète, les spectateurs impatients et souriants, cette belle ambiance ne présage que du bon et à raison.

Le Café de la Danse affiche complet pour cette première date parisienne de Da Silva. Chose incroyable, le public est à l’heure. Certaines mauvaises langues disent que la pluie est la raison mais les commentaires enjoués des spectateurs font rapidement comprendre que c’est l’envie et l’excitation du rendez-vous qui a fait que tout le monde est assis et en attente. Les places assises sont prises d’assaut, la barrière du premier étage squattée de toute part et la fosse pleine comme un œuf.

La première partie est assurée par les rennais Psykick Lyrikah. Avec le chanteur Arm au micro et son guitariste, le duo balance de l’abstract hip-hop expérimental. Sur des riffs bien saturés, les textes fusent et font mouche. Le charisme de son leader est hypnotique. Le groupe a sorti son sixième album Jamais Trop Tard l’année dernière. Une découverte donnant une autre vision du rap français et une autre voix qui est applaudie après une demi-heure de set.

Après un changement de plateau assez rapide, la salle s’obscurcit avec un fondu au noir doux et maitrisé. Une vague sonore envahit la salle avec douceur. La lumière est dorée, fébrile. Les musiciens entrent en scène et commencent en douceur avec l’Eté. Da Silva arrive en dernier sous une salve d’applaudissements très chaleureux. Cette chaleur, ce mystère, tout est en suspend le temps de cette chanson atmosphérique et prenante. Après avoir salué le public, le tempo monte, la basse groove pour Les Puits. Da Silva se délivre de sa guitare et endosse le rôle du chanteur uniquement micro en main. Hyper mobile, cette liberté est jouissive et lui permet d’envahir l’espace de la scène et gagner encore plus en charisme scénique. Venu présenter Villa Rosa, l’exploration de ce nouvel opus continue avec 20ans et sa mélodie pop. Les titres prennent une autre énergie, une autre couleur en live qui transformera assurément les prochaines écoutes en versions studio.

Avec sa formation batterie, basse, guitare et clavier, Villa Rosa a un son comme les autres albums en avaient un. Pour garder une harmonie, les anciens titres prennent cette nouvelle forme et s’adaptent naturellement. Après quatre chansons du nouvel album, il est temps de revoir et corriger les anciennes et le bal est ouvert avec Le Repas issu du superbe quatrième album La Distance. Moins englué dans un mood cafardeux que lors de la tournée dernière, la chanson garde son amertume et son urgence mais est teintée d’une autre couleur musicale tout comme sur La Fin du Mois. Pour ravir les amoureux de Da Silva de la première heure, Da Silva et son groupe dégainent le single Les Plus Belles Lettres. Le public fait les chœurs et chante sur ce titre mouvant et entrainant.

Suite à l’Indécision, Da Silva se retrouve seul sur scène pour un moment intime et en tête à tête avec le Café de la Danse. Une lumière blanche se projette sur son visage. Da Silva parle aux gens, fait de l’humour et créé une proximité qui avait totalement disparu pour La Distance. Quelques personnes l’interpellent, lui parlent rapidement, ces interactions se prêtent à merveille à la salle où tout le monde semble bien et en bonne compagnie. Seul avec sa Gretsch blanche, il démarre Tout Va Pour Le Mieux. L’ambiance change, l’écart entre la scène et le public se dissout et Da Silva semble ne jamais avoir été aussi proche. Fort de cette synergie, il entame Le Carnaval, premier single de La Tendresse des Fous. Effet immédiat, la salle parisienne chante et y va de bon cœur une fois que son interprète lui demande d’y aller plus franchement. Ce moment seul en scène se termine en douceur avec De la Haut.

Habituellement les artistes sortent de scène pour le rappel après cet exercice périlleux  du solo sur scène. Pas de ça ici, les musiciens reviennent et remettent la gomme pour le single du moment Coureur de Fond, enchainé par Villa Rosa, la fascinante Les Stations Balnéaires et l’Averse. Un rappel vite fait et Da Silva revient pour le clou final avec Les Concessions et La Remise. Emu, il remercie son public encore et encore pour ce très bel accueil et revient pour jouer, pour la première fois en live, Gin Fizz, titre disco catchy de Villa Rosa. Décalé, fun et hyper-cadencée, Gin Fizz est faite pour prendre vie en concert et donner un final haut en couleur et plein de bonne humeur. Da Silva commence sa tournée et propose déjà un set impressionnant. De la pop, du mouvement et une harmonie cohérente entre toutes les chansons. Que demander de plus ? Ah si, intégrer le titre Paris dans le set…  mais la frustration d’un titre non-joué est la preuve d’un concert dont on en veut encore plus tellement il est bon.

Da Silva 2

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Alexandre Blomme
Rédacteur en chef de Dicky.fr, ex-WeLoveMusic.fr, fan de toutes les musiques et des groupes émergents français.




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