Culture Box / Livres / 01/09/2013

« Tout est permis mais tout n’est pas utile » – Daniel Darc

 

M5091

Le 28 février 2012 « Darc Day »  sur la Bande Sonore et quelques titres en phares pour l’éclairer.

« Tout est permis mais tout n’est pas utile ». Lire l’autobiographie de Daniel Darc ne semblait pas l’être. Sans réellement se connaître, en se rencontrant seulement, en écoutant surtout, on se fabrique une image, des idées sur ce que l’autre est, en soi et pour nous. L’intérêt de connaître les détails, les états d’âme. L’intérêt nul ne sait, le besoin peut-être… de la compréhension.

Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Je l’aimais mais nous ne nous connaissions pas. Je ne connaissais même pas le mythe, les anecdotes qui courraient autour de lui. Pour des raisons purement chronologiques, j’ai connu Darc avant Taxi Girl. Crève Coeur avant Cherchez le Garçon.

 

« On a tous un truc qui merde. Gainsbourg voulait être peintre. Je veux être romancier. J’ai écrit un roman que j’ai foutu en l’air. Enfin je ne sais pas si je l’ai écrit en entier. Mais je suis sûr de l’avoir foutu en l’air »

 

Cette vie, qu’il raconte, est peut-être ce roman inachevé, abandonné. Le vertige, la fulgurance, la difficulté. L’histoire au couteau. Cut Up, l’exercice et l’obsession. Au fil des pages, du fil de l’histoire et des allers-retours, du passé détaillé sans détours, Daniel Darc se raconte. Des heures les plus sombres aux moments doux. Une trajectoire jusqu’ici, « La Taille de Son Âme ».

« Nous marchions dans les rues / Sans même un regard / Nous étions les derniers / Seuls jusqu’au matin / Mais le matin était sale / Et mes rêves s’y sont brisés / Il ne reste plus rien / Des armés de la nuit »

 

Il serait impossible de résumer en quelques lignes ce qui résulte de ces longs entretiens entre l’artiste et le journaliste. Mais cette organisation, cette écriture est troublante. Le phrasé de Darc, son sourire, ces anecdotes labyrinthiques, aussi spontanées que profondes, cette mélancolie lumineuse, ce charme de l’abîme ou de l’abimé est là. Pas de hiérarchie ou d’ombres pour atténuer les vérités. Tout est là. Même s’il manque certains points non évoqués par manque de temps… comme le spécifie Bertrand Dicale dans son introduction.

Une sincérité et une émotion rare. Lui qui cherchait à se rapprocher de la lumière, de la foi, de sa vérité, livre sans détours une histoire qui sert, non pas son mythe, mais une certaine vérité du rock’n roll.

« Moi je ne suis pas sûr que j’irai au paradis. Je voudrais réparer ce que j’ai fait. J’ai hâte de voir quand je mourrai. Je pourrai peut-être réparer des choses. Rétablir l’ordre. Rétablir ce qui aurait dû être. » C’est sur cette réflexion que se termine l’autobiographie inachevée, nous laissant le sourire aux lèvres et la réponse, évidente, à leurs bords : l’ordre des choses est rétabli. Au moins sa vérité, au plus près de la lumière.

 

Tous les titres de cette playlist sont issus des références évoquées par Daniel Darc

 

«Tout est permis mais tout n’est pas utile » de Daniel Darc et Bertrand Dicale, éd. Fayard, 240 pages, 18 euros.


Tags:  autobiographie bertrand dicale chapelle sixteen crève coeur daniel darc fayard mirwais mort daniel darc paris pias post mortem punk taxi girl

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Diane Roudeix
Rédactrice en chef de La Bande Sonore




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