Live reports / 05/09/2016

Dix ans après, La Forêt des mal-aimés #FrancosMTL

 

Si son succès européen est plus ou moins récent, Pierre Lapointe est un incontournable au Québec, un auto-proclamé “A” – difficile de ne pas lui donner raison -, devenu l’un des coachs de la populaire émission La Voix. Intègre, il reste toutefois fidèle à sa personnalité artistique et, au fil des années, l’auteur-compositeur-interprète pointu et discret des débuts est devenu un artiste pop, aux idées colorées et aux ambitions folles. Du programme Stéréo Pop, diffusé sur les ondes de Radio Canada à l’automne 2015 et dont il est ressorti déçu, à Punkt et, plus récemment, Paris Tristesse, Pierre Lapointe se réinvente sans cesse mais l’univers reste sensiblement le même.

 

Il n’y avait que lui pour envisager de remonter le temps dans le cadre des Francofolies : La Forêt des mal-aimés, 12 ans après la première montréalaise et 10 ans après la sortie de l’album qui reste son plus gros succès commercial avec plus de 200 000 copies vendues. Pour l’occasion, l’album vient d’ailleurs d’être réédité en vinyle. De quoi combler les amateurs et les collectionneurs.

 

Même pacing, mêmes arrangements, même musiciens ; Josiane Hébert, Guido Del Fabbro, Tony Albino, mais aussi Philippe Brault – aujourd’hui propulseur de talents (on lui doit notamment les albums de Philémon Cimon, Salomé Leclerc et Safia Nolin) – et Philippe B, “presque meilleur que moi”, s’est amusé Lapointe à propos de son complice. « Il [faisait] bon s’y promener » dans leur Forêt des mal-aimés. Une forêt parsemée d’une douce tristesse, mélancolie parfaitement assumée : « Quand j’ai commencé, j’écrivais déjà des chansons tristes ». Toute chanson datant d’avant 2007 était évidemment proscrite.

 

Pierre Lapointe voue une affection toute particulière à la Belgique dont il admire la force créative. Il apprécie tout particulièrement le travail des stylistes belges et la flamboyance des pièces proposées. Pièces qu’il se plait à porter dès qu’un évènement lui permet. Côté musique, Jacques Brel reste l’emblème majeur du plat pays, jusqu’à ses interprétations ardentes. Lapointe a ainsi offert au public québécois sa propre version de Au Suivant juste avant de clore le spectacle avec sa très pop Deux par deux rassemblés, sautant dans tous les sens. Véritable apothéose qui a poussé un public, sage tout au long de la soirée, à réclamer un second rappel.
Les Francofolies de Montréal 2016 n’étaient pas encore finies que l’équipe de programmation annonçait déjà un nouveau concept signé Pierre Lapointe et l’Orchestre Symphonique de Montréal pour l’édition 2017 : Amours, délices et orgues, un spectacle ambitieux qui mettra en lumière Jean-Willy Kunz, organiste en résidence de l’OSM, les 14 et 15 juin de l’année prochaine. On promet une création avant-gardiste alliant chanson, monologue, design et danse, et brouillant les frontières des genres  autour d’un répertoire de chansons originales et de reprises ; un moment scénique ludique où les artistes inviteront le public à réfléchir autour de questions artistiques, sentimentales et sociales.


Tags:  francofolies montréal

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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal




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