EllesonParis : la ville lumière en 19 chansons

A l’heure où l’automne s’abat sur la capitale, où les manteaux remplacent les jupes légères, où l’on troque les ballades sur les bords de Seine pour des rendez-vous sous les réchauds des terrasses, EllesonParis nous enchante et diffuse sur les trottoirs mouillés de la capitale un vent d’amour. Nicolas Boualami a réuni 20 artistes féminines, chanteuses ou actrices, et presque autant de compositeurs dans un projet original et tout aussi séduisant. Chacune chante un arrondissement, un bout de Paris. Autant d’images que de sensations : des instants. De belles rencontres artistiques, d’alchimies savamment composées. Un très beau livre disque, une invitation à la promenade, à l’errance dans les rues de la Capitale. Mais c’est évidemment sur la chanson de son propre arrondissement que l’on s’arrête en premier avant de laisser Paris défiler en chansons. « La Fille de la Bastille », un sourire…

 

« On la prends pas, c’est elle qui s’donne. On la siffle pas, sinon elle cogne. Rue de Lappe ou rue de Charonne. Elle porte la vie comme personne. La Fille de la Bastille »

 

Un premier sourire évocateur d’une longue liste où chaque chanson évoque un bout d’un soi parisien peut-être, de décors déjà arpentés… Traversant Paris dans un taxi la nuit, on se surprend à fredonner comme Zoé Felix « La Jules de Jim » ou le « Nature Morte » d’Agnès Jaoui en longeant un parc recouvert de feuilles mortes. Toutes ces artistes sont les voix de Paris, mais un peu les notre aussi. Les chansons défilent comme des polaroids qui s’animent, lorsque les pages se tournent. Si la plupart des interprètes sont plus actrices que chanteuses, c’est peut être pour mieux incarner ces prises de vues sonores, ces histoires qu’elles nous content avec une magie déconcertante (« Juste une allée » par Hanna Schygulla), une élégance rare comme Charlotte Rampling au travers des mots de « L’amante de Saint-Germain-des-Prés » et autant de sensualité avec « Le Baiser de Rodin » par Juliette Gréco et Anna Mouglalis. Dominique Blanc incarne une « Madame » troublante. Et on en oublie pas la jeunesse qui valse « Dans les bras d’un pompier » (Romane Bohringer), brûle ses nuits « Chez Régine »(Adrienne Pauly) et s’aime « Place de l’Opéra »(Elisa Tovati), sur « La Grande Roue »(Elsa Zylberstein) ou sur des quais de gare. Paris, ses rues, ses ponts, sa Seine, ses amours et ses mille visages, mille origines (« Place d’Italie », « Paris Eldorado »). Des voix de femmes, inattendues parfois. Des compositeurs de renom (La Grande Sophie, Alex Beaupain, Gérard Jouannest, Alain Chamfort, Thomas Roussel…). Une fusion en cinq lettres : P-A-R-I-S

 

 

Nicolas Boualami raconte Paris comme personne n’a jamais osé le faire. Au fil de ses mots, nos souvenirs parisiens s’accrochent. Nostalgique, parfois. Léger, aussi. Amoureux, à chaque instant. 19 chansons pour résumer la vie d’un Paris, d’hier et d’aujourd’hui. Une vraie réussite qui nous ferait délivrer, presque sans complexe, un aveu considérable pour une expatriée sudiste, « Paris, je t’aime ». ElleSonParis n’est pas qu’un disque : c’est un livre qui compile les textes des chansons, des entretiens avec les interprètes menés par Robin Fournier Bergmann et l’histoire de ces quartiers illustrés en dessins par l’excellent Pierre Elie Ferran. Et si Yves Simon en signe la préface, nous suivons ce collectif de « voyageurs magnifiques », dans la redécouverte d’un Paris comme on l’a rêvé, comme on l’a aimé et qu’on oublie trop souvent de contempler. Et c’est ainsi que le coup de folie d’un talent amoureux de la capitale devient notre compagnon de survie à l’automne parisien, un de nos vrais coups de coeur de la rentrée. Octobre a finalement bien fait d’arriver.

 

 

Disponible depuis le 4 Octobre 2012 aux Editions de la Martinière : 32 euros dont une partie des bénéfices sera reversée à l’association Les Toiles enchantées, qui organise régulièrement des projections pour  les enfants dans les hôpitaux.

 


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Diane Roudeix
Rédactrice en chef de La Bande Sonore




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