Escale à Vernet-les-Bains : Cali revient.

 

 

 On avait presque perdu sa trace. Cali revient. La truite arc-en-ciel qui nageait dans son coeur en 2010 nous avait écarté de sa vie, écarté du souvenir de « L’Amour Fou ». Mais on se retrouve sur la même rive de la rivière, Saint Vincent, en pays catalan. Là où certainement Cali a puisé l’essence de ce dernier album, acoustique, minimaliste. A nouveau, on se comprends. La mélancolie est à l’honneur. L’heure est venue de mesurer le temps qui passe, ce qu’il reste de l’enfance, « La Grotte des Amoureux », de dire que l’on a aimé, que l’on aime encore… avant que le temps nous dépasse (« Mon Ami »). C’est dans un train de nostalgique que nous embarque le chanteur de Perpignan. Sur la route de Vernet, il semble dérouler le fil d’une vie passée, laissant déborder ce que son coeur en dit avec une touchant naïveté qui a toujours incarné un certain compromis entre les états (d’âmes) de Cali. Il y a beaucoup d’amour dans ses bagages avec notamment le très réussi « Amour m’a tuer » ou « Tu me manques tellement » où résonne l’absence et ses vieux souvenirs.

« Est-ce que tu te souviens de ton premier baiser? » interroge Cali sur des violons mélancoliques. Des arrangements simples et feutrés pour dresser un écrin pour les textes, plutôt réussis, de Cali, pour donner une place à la voix, qui prends son corps d’instrument avec cette fêlure du timbre, aujourd’hui, reconnaissable entre mille.  Des chansons d’amour, des aveux sur les silences : « Mes vieux cinglés » comme une lettre vengeance de l’enfant qui prends enfin la direction opposée, celle de la liberté. Parce qu’il y a un point sur lequel Cali n’a pas tord c’est que « L’amour est éternel »… enfin ce qu’il en reste le jour où il s’arrête…

Peut-être trop mélancolique pour ceux qui aimaient le Cali déchainé se jetant à la foule, mais cette fois, l’artiste a choisi de proposer des instants, le temps d’écouter les histoires qu’il a voulu raconter. Et si cette tristesse déplaît … Les guitares acoustiques cotoyent de pianos simples, aux orgues de « Happy End » où l’amour désabusé est chargée d’une liste de recommandations à la transformation, une sorte collégiale avec Miossec, Bénabar, Dominique A et Mathias Malzieu, une ironie sur ce que l’on attend ou ce que l’on recommande peut-être. Les violons que l’on a du lui chanter. Mais que Cali se rassure, si les gens ont bien besoin de « Happy End », les gens ont aussi besoin de re-connaissance, et les grandes chansons qui restent sont bien souvent des airs de chagrin.

 

 

 

 

Vernet-les-bains – Cali

Sortie le 26 novembre 2012

En tournée actuellement et au Casino de Paris le 25 février 2012

Facebook officiel

    Laisser votre commentaire ici