Live reports / 17/06/2016

Gainsbourg Symphonique #FrancosMTL

Deux soirées exceptionnelles, sous le signe de Serge Gainsbourg, ont été présentées en primeur à La Maison symphonique de Montréal dans le cadre des Francofolies. Un spectacle en deux parties, mettant en vedette d’abord Arthur H et l’inoubliable Melody Nelson, ensuite Jane Birkin pour « le meilleurs ». Le défis était grand, le public attendait les artistes – aussi confirmés soient-ils – au tournant.

« Serge aurait adoré ça ! », soufflait Jane Birkin, quelques heures avant la premières. « Il avait un tel respect pour la musique classique. Il en a utilisé de temps à autres – un peu de Chopin par ici etc. S’il savait que c’était [à Montréal], avec vous, il aurait été aux anges. Pour Arthur H aussi. J’en suis sûre ! »

Ainsi, Arthur H avait la mission impossible de transposer sur scène l’immense Histoire de Melody Nelson. L’artiste français a eu le bon goût de rester fidèle à lui-même, plutôt que de tenter une énième pâle copie de Gainsbourg. Il est entré en scène, le pas franc, « simplement »vêtu d’un flamboyant complet rouge. Au même moment, la frêle silhouette de Stéphanie Lapointe se plaçait discrètement en hauteur, côté jardin. Melody installée, les notes se sont envolées et les titres enchaînés. Un peu moins de 30 minutes de grâce ; une transposition fidèle aux arrangements d’origine signés Jean Claude Vannier. Des sonorités rock à la Maison symphonique, et ça marchait ! Grâce notamment au talent de Jean-François Lemieux (basse), Jocelyn Tellier (guitare), Tony Albino (batterie) et des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Simon Leclerc. C’était beau et résolument moderne.

 

Seule ombre au tableau : l’absence, cruelle, de Serge.

Voici déjà venu le temps de la seconde partie. Jane Birkin s’avance pour interpréter « le meilleur de Gainsbourg » : Les dessous chics, Baby alone in Babylone, Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve, Requiem pour un con, Johnny Jane, La chanson de Prévert, L’Anamour… et même le “petit Pull Marine” d’Isabelle Adjani ! Que du beau.

Au sortir du spectacle, les critiques locaux n’ont pas caché leur déception : désemparée, absente, embarrassante, sans voix la Jane. Certes, la muse était fragilisée par une laryngite, mais si forte derrière son micro. Pourquoi annuler ? Courageuse et touchante à l’extrême, elle s’est montrée vraie et juste. C’est tout ce qu’on attendait d’elle. À elle seule, Birkin sauvait les arrangements parfois trop chargés de Nobu (Nobuyuki Nakajima), avec des cordes souvent surexploitées. Qu’à cela ne tienne, il suffisait de s’accrocher aux mots et à l’interprétation sentie pour oublier ces éventuelles maladresses.

 

 

Ce double hommage à Gainsbourg sera présenté un peu partout dans le monde dans les prochains mois. Les dates seront annoncées prochainement.

Crédit photos : Victor Diaz Lamich



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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal






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