H.Bassam : Les traces d’un poète

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« Je voudrais retrouver les traces de cette histoire là » chante H.Bassam en ouverture sur Birmingam, Alabama. C’est en somme à cette tâche que se sont attelés ses enfants, Simon Dalmais, Camille et Sonia. « Places/Traces ». Des Traces, celles de leur père, qu’ils ont choisi de publier en un disque posthume.

L’été dernier, ils lui disaient un dernier adieu. Et à l’aube des beaux jours, ils font naître sa voix, sa poésie. Sur des rythmes où défilent des horizons, des paysages, des espoirs. Pas une vie. La Vie certainement. Un premier disque à 60 ans dont il ne connaîtra, malheureusement, pas notre engouement. Sur le départ, H.Bassam a composé un disque qui vous accompagne, vous berce, vous embaume. D’ailleurs et pourtant si familières, c’est ce qu’inspirent les chansons d’Hervé Bassam. Sur des accords de jazz, du blues se déploient des sons du monde, des émotions qui nous échappent, habillant l’espace de teintes imaginaires. Un disque en français et en anglais, un disque soul où l’âme est au coeur. La vie, les frontières contées avec la sagesse des concerts, les chemins qu’il faut avoir traversé pour la confier ainsi. L’écoute s’achève et « Daguerre » reste en tête. On retient les instants d’Océan qui rappelle l’étendue d’une vie à traverser, dont on brave bien souvent les remous mais dont la trajectoire en tant que telle est aussi précieuse que ce qui la freine. On revient de ce voyage au coeur d’un sage avec des images fabriquées, comme les collages qu’Hervé a soigné pour le livret, une voix profond qui berce et réveille.

A Daguerre, il écrit « Décidément je peine à lire le chapitre suivant, elle me tient en haleine tout en m’esquivant ». Ce qui pourrait résumer chacune de ses chansons.

« Il n’y a pas d’âge pour les commencements. Surtout quand on a rien à perdre »

Didier Varrod 

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