Chroniques LP & EP / 05/09/2016

Intemporelle Diane Dufresne #FrancosMTL

Elle ne voulait pas d’un hommage qui l’aurait obligée à observer les autres multiplier les louanges à son égard. Lorsqu’elle a accepté l’idée d’un spectacle autour de son répertoire pour clore les Francofolies, Diane Dufresne a prévenu : elle s’impliquera dans la mise en scène. Secondée par Pierre Séguin, elle a imaginé des rencontres, comme sur le disque Intemporelle, paru à l’automne dernier. Diane Tell, Marie-Pierre Arthur, Alexandre Désilets, Marie-Denise Pelletier, Pierre Lapointe, Catherine Major et Charlotte Cardin se sont succédés sur scène. Jorane, Betty Bonifassi, Jenny Salgado et Kevin Parent se sont ajoutés aux artistes déjà présents sur l’album. Des artistes québécois de toutes les générations et des chansons, choisis personnellement – et avec justesse – par Diane Dufresne.

 

Si Diane est intemporelle, force est d’admettre que son répertoire l’est tout autant. Une  impression sans doute accentuée par la liberté totale d’interprétation accordée à chaque artiste. Marie-Pierre Arthur s’est approprié L’homme de ma vie à la guitare, rejointe le temps d’un couplet par Alexandre Désilets, intense et touchant avec Que ; Catherine Major a étonné en “popisant” l’incontournable Oxygène ; Charlotte Cardin a quant à elle offert une version délicate de J’ai 12 ans.

 

Entré discrètement sur le thème de La vie en Rose, Pierre Lapointe n’a pu s’empêcher de saluer la carrière et l’audace de l’hôte de la soirée, prenant pour exemple le spectacle évènement Magie Rose, présenté au Stade Olympique de Montréal en 1984. Il a également avoué avoir beaucoup appris en la regardant apprivoiser la scène comme « un outil de recherche et d’expérimentation ». Un souvenir heureux aura rarement sonné aussi juste dans la bouche d’un autre artiste que de son interprète d’origine.

 

Betty Bonifassi a suivi avec une langoureuse J’t’aime plus que j’t’aime, malheureusement éclipsée par l’intensité de la pourtant si douce Jorane. Armée de son violoncelle, la musicienne a présenté un Parc Belmont flamboyant, sous le regard à la fois amusé et admiratif de Dufresne qui déclamait quelques vers à partir d’une loge. Quelques minutes ardentes qui provoqueront la première ovation de la soirée.
Quelques jours après le drame d’Orlando, L’hymne à la beauté du monde était particulièrement attendue et plus que jamais d’actualité. La version de Kevin Parent est pourtant tombée à plat, donnant même l’impression d’être de trop. Le Gaspésien s’est montré plus persuasif dans la chanson de groupe qui a suivi, On fait tous du show business.

Diane Dufresne s’est néanmoins gardé le privilège de clore le spectacle et, du même coup, les Francofolies. Grimée tel un clown triste, elle a interprété Je me noue à vous tout en descendant vers son public, heureux de pouvoir serrer la main de celle qu’ils aiment tant.



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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal






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