JukeBox #1 : « La mémoire et la mer » – Léo Ferré

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Le premier mai, fête du travail, jour férié puise son origine dans le mouvement anarchiste. C’est donc à cette date qu’a été fixé le Jour Ferré, sorte de journée hommage à Léo Ferré se tenant lieu depuis 6 ans à Paris à l’initiative de Serge Utgé-Royo et Christine Hudin. Alors nous avons choisi d’inaugurer cette rubrique avec Ferré, pas l’anarchiste, mais le poète, l’interprète. Et cette chanson « La Mémoire et la Mer » sacrée au panthéon de ses plus grandes.

C’est en 1970 que Léo Ferré dévoile cette chanson qui ne sera jamais terminée. Il la sort, la chante sur scène mais elle bouge, elle évolue comme au rythme des vagues qui s’écrasent contre la côte. De la Bretagne, du grand large, comme d’une femme, il parle. De ses horizons qu’il épouse, d’une mer insondable, des hauts, des bas fonds. Elle y défile les vagues, le vent qui caresse ces instants, ces bords où se couchent les douleurs, les solitudes dans une étendue profonde et charnelle. Un texte d’une poésie rare, peut-être une apothéose, des émotions infigées à l’image de ce va et vient que font les marées, que font les amours. Sur nos vies comme sur nos plages.

 

 

 

 

« (…) Cette rumeur qui vient de là

Sous l’arc copain où je m’aveugle

Ces mains qui me font du fla-fla

Ces mains ruminantes qui meuglent

Cette rumeur me suit longtemps

Comme un mendiant sous l’anathème

Comme l’ombre qui perd son temps

À dessiner mon théorème

Et sous mon maquillage roux

S’en vient battre comme une porte

Cette rumeur qui va debout

Dans la rue, aux musiques mortes

C’est fini, la mer, c’est fini

Sur la plage, le sable bêle

Comme des moutons d’infini

Quand la mer bergère m’appelle… »