Juliette Gréco, éternelle « Jolie môme » #FrancosMTL

juliette greco

Plus tôt dans la semaine, elle avait refusé de parler d’adieux, insistant sur sa volonté de remercier, avant toute autre chose, le public. Une dernière tournée canadienne (Tadoussac, Montréal, Sherbrooke, Toronto) d’ailleurs sobrement intitulée Merci.

Ovationnée dès son entrée en scène, Juliette Gréco a rapidement retrouvé l’éclat de ses vingt ans. La voix est là, l’énergie aussi. Et puis, il y a ce regard, si espiègle, et cette modernité qui lui colle à la peau. Une mise en scène simple pour un endroit prestigieux : l’interprète est simplement accompagnée de Jean-Louis Matinier, à l’accordéon, et de Gérard Jouannest, au piano.

L’œuvre de Jacques Brel occupe la majeure partie du spectacle. De Bruxelles à Amsterdam, Juliette chante aussi Les Vieux, Ces gens-là, La Chanson des vieux amants pour ne citer que celles-là. Elle n’en oublie pas ses incontournables, du Petit poisson à l’insolente Déshabillez-moi. L’œil coquin, les gestes riches. Elle sublime Avec le temps, de Léo Ferré, puis reprend Gainsbourg (L’accordéon, La Javanaise) avant de lui envoyer un baiser. Enfin, le tour de chant s’achève sur Le temps des cerises. De quoi rappeler la richesse de son répertoire.

On chante les chansons de plein de gens mais pas les miennes. Je ne sais pas pourquoi. J’aurais bien aimé. (…) J’espère que des gens prendront le relais. Je l’espère de tout mon cœur.

Une soirée placée sous le signe de la jeunesse. Celle de Juliette Gréco d’abord, éclatante sur les planches de la Maison Symphonique de Montréal. Celle, à la fois étonnante et réjouissante, du public ensuite. De nombreux jeunes adultes avaient fait le déplacement, sans doute motivés par le côté dernière chance de voir et d’entendre cette éternelle « Jolie môme ».

Crédits photo : Victor Diaz Lamish