La Fauve, Daphné.

 

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Sauvage. Elle fait partie des discrètes de la chanson. De la famille des Jeanne Cherhal, la Grande Sophie ou Emilie Loizeau, Daphné continue sa route avec un quatrième album original, « La Fauve ». Après avoir rendu hommage à Barbara, la chanteuse est retournée en studio pour délivrer quatorze nouvelles chansons déclinant des instincts, des sensations, un rapport sensuel à l’univers.

Explorer son animalité, la décliner, qu’il soit question de survie ou d’élans, de fuite ou d’amour. Porté par sa voix cristalline, Daphné décline un camaïeu délicat d’états d’être, de sensations. En anglais, en français ou en espagnol, Daphné semble délivrer un manifeste de son identité, un disque personnel, intime. Plus proche néanmoins du fauvisme que des fauves, la chanteuse explore d’autres couleurs, peut-être plus vive, plus franches et pures. On continue d’entendre Daphné plus volatile que féline mais elle affirme avec ce nouvel album un style qui la distingue. De « L’émeraude » à « la fauve » toujours aussi précieuse.

« Un roman hors pair » chante t-elle dans le très réussi « Strabisme des jours heureux ». Les orchestrations portent à merveille ses textes fournis juste ce qu’il faut, ses jolies histoires, ses déclarations étoffées aux phrases qui claquent et tombent juste. Il n’y a chez Daphné pas d’art de la mélodie mais un propos dont elle sait vous serrer. Benjamin Biolay, parrain des premières heures, apparaît dans un duo où leur parenté s’assume avec beaucoup d’élégance, une « Ballade criminelle » très réussie. Un très beau disque, peut-être même le plus réussi.