La Lumière d’Alexandre Poulin

Un air d’ange grec. Et c’est pourtant du Québec qu’arrive Alexandre Poulin. Son accent le trahit à la première note. Au fil des accords, ses chansons coulent comme une évidence. « Une lumière allumée » gravé sur un disque, qui révèle une autre lumière, la fait s’éclairer doucement. On comprends pourquoi Lynda Lemay l’a choisi pour l’introduire sur les routes de France, car il y a chez ces deux-là une humanité qui, dans le talent, se correspond.

 

Dans les lumières d’Alexandre, il y a un côté 1970’s, dans les guitares folk à souhait, l’harmonica justement maitrisé… et « San Francisco ». Mais les apparences légères sur les masques de plomb, car Alexandre est un chanteur du réel, et du sensible, un petit plus inter-générationnel étonnant chez un jeune chanteur. Mais « L’écrivain », l’un de ses titres phares, résume bien ce qu’on pourrait attendre de lui. Le fil de l’histoire se déroule, le temps de vous replonger dans l’écho qui vous rattrape, et des images reviennent avec l’émotion du grain de voix de ce conteur sincère. Peut-être parce qu’Alexandre était professeur avant de se décider à se lancer définitivement dans la musique, mais surtout parce que ses chansons sont honnêtes, assez pour être justes et si bien incarnées.

 

 

Car il fuit « les menteries », autrement dit les mensonges, et chante la vérité des états d’âmes, soeurs sur « Entre Chien et Loup », errantes revenus de voyage ou en quête d’horizon (« La misère de Paris »). Et en douceur sur des cordes, sans excès, il s’interroge « Est ce qu’on devient qui on est, est ce qu’on n’est qui on devient ». Les yeux ouverts sur ce qui l’entoure, Alexandre Poulin ramène des histoires, des portraits qu’il ne chante pas pour rien dire (« Martin », « Bipolaire »). Une nouvelle variété, qui ne s’intimide pas de quelques notes pop (« Un p’tit peu plus »), de jouer avec les armes du folk. Loin d’une nouvelle scène, il ne fait pas de doutes qu’Alexandre Poulin saura conquérir avec sa sensibilité le pays de France, comme il a su se faire une place dans le coeur de nos cousins du Québec. « Une lumière allumée » vers laquelle on savoure de succomber. C’est certainement « la grande quête », une forme d’espoir, une passion de l’instant qui a conduit Alexandre Poulin sur les scènes de la francophonie, « Où le vent souffle ». Et l’on heureux que tout ça l’ait mené jusqu’à nous.

« Une lumière Allumée » Alexandre Poulin (Disques Victoire)

En tournée en France, à l’Européen le 20 novembre

« Voyage, Voyage » en acoustique

 

ALEXANDRE POULIN

 

  • Le mouvement des marées – Alexandre Poulin | LA BANDE SONORE

    […] L’adéquation entre sa belle gueule, mi-chanteur pour jeunes filles et les histoires qu’ils content auraient pu faire d’Alexandre Poulin une caricature de ce que l’esprit français a parfois faciliter à critiquer. Mais il en est bien loin, de ces clichés dans lesquels on pourrait vouloir l’enfermer. Ce troisième album confirme le talent, la passion qui l’a conduit à rendre les clés de sa classe, de laisser ses élèves à d’autres mains pour leur préférer un guitare dans les siennes et l’arrière d’un camion sur les routes du Québec, de Suisse ou de France. Il avait déjà laissé avec son premier passage, Une lumière allumée. […]

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