La musiqu’écologie au Cabaret Vert : l’alternative d’une fin d’été

Au Cabaret-vert

Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
– Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
Du beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. – Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

– Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! –
Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse
D’ail, – et m’emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

 

Alors que le petit monde de la musique se pressait à Saint Cloud pour les belles heures de Rock en Seine, un autre festival explosait son score de fréquentation. Un peu plus au Nord, dans le Nord, le vrai, celui qui sait vraiment faire la fête quoiqu’on en dise. Il y a beaucoup de festivals en France dont on parle peu et qui pourtant valent bien de sauter dans une voiture et se risquer à faire 300 km. C’est Rimbaud qui vous accueille au Cabaret Vert, en lisant le poème du jeune auteur, à la fin du festival, on comprend pourquoi un tel nom lui fût donné. Une succession de plaisirs simples. Et pour clôturer un été… qui peut rêver mieux ? 

L’éco-festival du Cabaret Vert a donc fait la fête ce week-end pour la 8ème année consécutive avec 73 000 personnes le week-end dernier. Et vu la programmation éclectique et festive de cette édition 2012, on n’a pas été vraiment surpris de voir la foule parcourir les allées. Tenu par la main de fer des quelques 100 bénévoles du Cabaret Vert, l’évènement se veut porteur  d’un message positif, jeune et dynamique autour de la question de l’écologie. La bière est artisanale, on y mange bien et on apprends plein de choses en trainant entre deux concerts… Oui, oui, je te parle bien d’un festival de musique !

D’ailleurs pour démarrer, on n’aurait pas pu rêver mieux que Manu Chao et Eagles of Death Metal, de quoi satisfaire tout le monde. Et même si nous, on est plutôt du genre à vouloir murmurer à « I want you so hard » aux Eagles plutôt qu’à Manu Chao, il faut avouer que se prendre une dose pareille de soleil en plein air dans les Ardennes, on ne s’y attendait pas vraiment. On a retrouvé ceux qui nous avaient fait vibrer aux Solidays : Joey Starr, C2C, Orelsan et Birdy Nam Nam. De vrais concerts à l’énergie incroyable et qui embarquent la foule dans la délire même avec de la boue sur les chaussures. Et oui… la pluie était de la partie, comme quoi, aucun festival cette année n’a été épargné! La pluie, il a fallu la supporter pour écouter La Femme et ses synthés-rock plutôt séduisants. Sans aucun regret d’être revenu trempé de ce set très réussi.

Entre deux têtes d’affiche, on découvre par hasard et avec plaisir un duo ardennais, Most Agadn’t : entre pop-rock et électro, secoué à la new wave, ce couple musical est vraiment le coup de coeur de ce week-end. Les plus beaux moments ne sont pas forcément ceux auxquels on s’attend.

 

Avec Franz Ferdinand, on a renoué avec notre adolescence comme 20 000 autres festivaliers qui se sont délectés de la prestation toujours aussi électrique du groupe écossais. On a rencontré du monde samedi soir, des gens qui comme nous avaient l’habitude des festivals et qui nous confiaient sans hésitation que « Le Cabaret Vert était le meilleur, le plus sympa parce que préservé de toute la hype parisienne » . On est d’accord que, niveau convivialité, on avait pas vu ça depuis longtemps. Et c’est l’un des très bons point de cet évènement annuel, avec sans oublier la Gazette du Festival qui, chaque jour, te rappelle le programme mais aussi ce qui s’est passé la veille et t’informe de tous les petits détails qui t’ont échappé, parce que oui, on ne peut pas être partout en même temps. On attendait le dimanche avec impatience parce que la simple idée de retrouver Daniel Darc nous avait motivé pour l’été entier, que pour la première fois se présentait l’occasion d’écouter Barcella en live et qu’on était pas contre passer le bonjour à Caravan Palace, princes du swing festivalier. On est obligé que le tour « C’est moi l’printemps » n’est pas forcément bien adapté aux festivals, surtout en matinée mais l’ex-chanteur de Taxi Girl a tout de même réussi à embarquer le public avec le tube des années 80 « Chercher le garçon ». Et nous, on était sous le charme de toute façon.

Barcella semblait être l’artiste parfait d’un dimanche, au public plus familial, avec ses jeux de mots, son aisance agréable, sa légèreté et ses vérités. Il donne le clap de fin de notre aventure au Cabaret Vert, qu’on quitte avec quelques nouveaux amis Facebook en plus et assez d’énergie pour attaquer la rentrée malgré le coup de froid du vendredi entre deux scènes. On repart avec l’idée de revenir surement l’année prochaine, avec la fierté d’envoyer à nos potes de Rock En Seine « Tu sais pas ce que t’as raté », parce que le Cabaret Vert c’est un peu comme à Solidays, ce n’est pas QUE de la musique.

 

Dionysos par Darkroom – Photo officielle du Cabaret Vert

Un grand merci à Nicolas, Marie, Paulin et tous les bénévoles croisés pendant notre épopée.

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