La nuit nous appartient – Bertrand Betsch

 

BB (c) Stéphane Merveille (10)

 

Bertrand Betsch est indépendant. Libre d’obligation de major et affranchi des comparaisons, il rappelle certains de ses congénères, mais ses ressemblances s’effacent à chaque titre suivant. Il jongle avec les styles, balaie et raconte, surtout. 26 chansons, un double album, « La Nuit nous appartient », un disque bavard mais passionnant.

Il faut du temps certainement pour saisir chacune de ses chansons, les comprendre, les ressentir, chacune, individuellement car ce disque incarne une entité, bordée par la nuit, les ombres. Clair/obscur. Il est question de la nuit, des nuits d’amours, de solitudes, d’errances, de drames, de la mélancolie des souvenirs, de l’écho de certaines violences. La voix de Bertrand Betsch éclaire, un brin de soleil, d’espoir inspiré dans le timbre. Des chants comme des secrets longtemps garder. La voix douce et haute, enfin confiés. Une forme de candeur grave et distillée dans ce double album où chacun saura trouver ses correspondances : « A la verticale », « Amour », « Le passage à niveau ». Temps variés mais l’homogénéité latente embrassent nos pas dans la nuit. Des voix féminines apparaissent et subliment certains chansons comme la très réussie « Sous la peau » avec Nathalie GUILMOT.

Des paysages défilent, des théâtres sans artifices où les sentiments sont incarnés. Un album profond et enlevé qui porte le parfum des nuits éveillées, ces insomnies imposées par les souvenirs qui dansent en tête, ni noires ni claires, des nuits d’émois. Et Bertrand Betsch confirme son talent précieux, ses qualités d’auteur-compositeur. Artiste rare, beaucoup trop.