L’envolée de Stephan Eicher

Le nouvel album de Stephan Eicher a les couleurs de la mer. Les toiles de Michael Dumontier et Neil Farber donnent, avant toute écoute, le ton de ses nouvelles chansons. Des petites vagues d’eau claire qui clapotent sur la rive et au loin un bleu profond, presque noir. C’est face à cette horizon qu’Eicher nous emmène après un « Eldorado », il y a quelques années. Un homme souriant à l’oeil inquiet. Du calme sur une tension latente. A cette légèreté apparente, Eicher nous avait habitué mais il n’a peut-être jamais été aussi précis, juste, franc. Aller à l’essentiel, c’est peut être ce qui a guidé Stephan Eicher dans l’écriture de cet album. L’album s’ouvre sur « Donne moi une seconde », une profession de foi, une supplique à nos vies actuelles. Presque politique au sens large du terme, Stephan Eicher livre avec « L’Exception », un regard sans concessions sur les hommes.

Parmi les collaborateurs, on retrouve Martin Suter pour les textes en allemand qui, sur les musiques d’Eicher, semble être une langue si familière. Fred Avril (Nouvelle Vague, Hollywood mon Amour) et Mark Daumail (Cocoon) sont deux piliers de cette envolée, les deux aux compositions avec Eicher, le deuxième en est aussi le producteur. Mais il faut compter aussi sur le compagnon de toujours, Philippe Djian, qui signe, entre autres, la sublime « Dans ton Dos », une élancée country rock, aux images fortes, simples comme un galop sur la plage, entre un ciel qui brûle, un sable qui décolle au dessus des sabots…

« Si tu es celle/ Qui m’attend quelque part/ Ne t’inquiète plus/ Et pardonne mon retard/ On a toujours/ Certaines difficultés/ Avec les rêves/ Et la réalité »

D’une sobriété désarmante, Eicher chante la femme de « tous les bars » et s’offre un duo avec Djian sur l’éphémère amoureux, le demain en question (« Elle me dit »). Et c’est avec Miossec qu’il signe « Tout doit disparaître », où l’angoisse du vide s’incarne dans la fin d’une époque, l’abandon d’une vie que l’on laisse de côté. La fin est l’une des idées obsédantes incarnées, et pourtant ces douze chansons ne sonnent pas comme une dernière allocution. Avec une pareille « envolée », Monsieur Eicher, vous avez toute notre attention. Avec « Le Sourire ».

 

 

 

Nouvel album – « L’envolée »

Disponible le 22 octobre

En concert dans toute la France à partir de décembre 2012, le 17 à Paris au Théâtre de Mogador

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Crédits Photos : Facebook officiel

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