Chroniques LP & EP / 11/04/2016

Les Portraits de famine de Philippe Brach

Révélation de l’année au dernier Gala de l’ADISQ, Philippe Brach est rapidement devenu un incontournable de l’industrie musicale au Québec. Deux albums parus en deux ans – La foire et l’ordre, en 2014 ; Portraits de famine, en 2015 – et autant de tournées à travers le Québec, le jeune artiste brise les codes et s’affirme comme une valeur sûre.
Portrait de famine s’ouvre sur les cris joyeux et stridents d’une cour d’école. Le ton est donné : le disque sera éclaté, à l’image de l’artiste. Parce que oui, Philippe Brach est un artiste particulier. Ce jeune Saguenéen de 26 ans, “né pour être sauvage”, jongle de sa sauvagerie comme personne.
Comme collaborateur principal, il a choisi Louis-Jean Cormier. L’empreinte de l’ancien leader de Karkwa se ressent dès les premières notes. L’association fonctionne, au point de paraître évidente. Autre collaboration réussie avec Klô Pelgag, une autre star montante de la chanson québécoise, le temps d’un duo sur Si proche et si loin à la fois.
Si son premier album, La foire et l’ordre avait été pensé comme un laboratoire musical, le second a été réalisé, non pas dans l’urgence, mais dans la spontanéité la plus totale. Oubliant du même coup la phase de pré-production.
Résultat, Portraits de famine est un disque majoritairement folk, dans lequel on retrouve toutefois quelques pointes de soul et de rock. Un manque d’homogénéité côté sons, compensé par une ligne narratrice évidente. S’il écrit la totalité de ses chansons, Philippe Brach avoue ne pas y passer de longs moments. Quelques minutes suffisent avant de “se dégager de [ses] chansons”.
Un rythme de création atypique, entièrement assumé. Son deuxième album lancé et sa tournée à travers le Québec à peine amorcée que Philippe Brach annonçait la sortie d’un livre de coloriage. Un voyage au Japon plus tard que le voici parti sur les routes de l’Europe pour une série de spectacles.
Mention pour le vidéoclip de Crystel. Bel hommage au film Rear Window (Fenêtre sur cour, 1954), d’Alfred Hitchcock. Un clip qualifié “d’ultra-violent et sexuellement explicite” par la presse québécoise. Encore une fois, Philippe Brach épate et déroute, ce n’est pas nouveau.

Toutes les dates sur www.philippebrach.com.



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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal






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