Rencontres / 28/08/2013

« J’ai fui l’autocensure » Maissiat

 

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Maissiat jouait dans les salons de l’Hôtel de Ville en juillet dernier pour le Fnac Live. Souvenez-vous, elle avait sorti son album « Tropiques »- dix titres tout en douceur – le 18 février dernier alors que l’EP circulait déjà beaucoup. Nous l’avons rencontrée au Fnac Live à la sortie de son concert pour lui poser quelques questions.

Vous sortez tout juste des salons de l’Hôtel de ville. Quel effet de jouer ici ?

Ça fait quelque chose ! C’est toujours très particulier et très émouvant de jouer sa musique dans un endroit qui porte déjà quelque chose, quelque chose de très lourd. Dans un cadre somptueux, c’est absolument magnifique. Et on est arrivées en duo avec Katel, alors qu’on joue la plupart du temps à quatre avec une batterie. On a choisi une forme plutôt réduite qui s’y prêtait bien et j’étais contente de voir que cet habillage et le fait d’être deux sur scène allaient bien dans cet endroit. C’était très émouvant et très chargé.

Et le public a été plutôt réceptif ?

Très ! J’étais vraiment émue sur l’avant denier titre : Katel, qui m’accompagne sur scène, me laisse seule sur la dernière chanson et la précédente est émouvante. Je ne sais pas ce qui s’est passé, ma gorge s’est serrée d’un coup. C’est aussi le fait que d’être accueillie par 250 à 300 personnes, c’est très fort.

Vous avez fait beaucoup de festivals, les Francofolies de Spa et la Rochelle par exemple. Est-ce que celui-ci ressemble à un autre ou est-ce tout à fait autre chose ?

Le cadre influe beaucoup sur la manière de ressentir le concert et donc le festival. Si on avait joué sur la scène extérieure je n’aurais sans doute pas eu le même ressenti. Ici c’est doublement intéressant : on peut profiter de tout, à la fois de la scène dehors et des autres artistes et nous à l’écart du bruit dans quelque chose de fastueux. C’est ce qui m’a marquée, ce contraste entre la chaleur et la lumière dehors et ce moment à part dans les salons.

Pour revenir sur l’album, vous avez bonne presse et bonne réception du public. Comment vous le vivez ?

Je le vis merveilleusement bien ! Je cours après les jours et les semaines de 2013. Les choses se posent et c’est agréable de pouvoir y repenser dans le calme. Je suis plus que touchée et plus que contente, non pas pour moi, ma petite personne,  mais pour ce disque. J’y ai mis trois ans de travail, trois ans de vie et tout ce que j’avais dans les tripes. Dans la tête aussi. C’est mon projet de vie, mon bébé et quand je vois cet accueil ça me touche.

D’où est ce que vous puisez cette force là pour les textes ? Comment on arrive à écrire un album avec des textes à ce point  aboutis ?

Ce que j’ai souhaité en premier lieu, c’est de ne pas me fixer de limites, de ne pas avoir de règles. J’ai fui l’autocensure : on a tendance à abroger à la racine parce qu’on pense que les textes sont pas assez bons ni bien écrits. Mais pour moi c’était hors de question de faire ça. Tout ce que j’avais à mettre sur le papier, je l’ai mis et ensuite j’ai taillé dans la l’ensemble. Ce qui fait qu’aujourd’hui, je me rends compte que si cet album est intense, c’est aussi parce que j’ai pris le temps de faire ça, de trouver ma voie. Le corps et la préparation sont les deux parties les plus considérables du travail. Il y a une vraie préparation intérieure, primordiale. Et puis aussi prendre le temps de vivre, de voir des expositions, c’est tout ça qui nourrit une plume !

En schématisant, c’est votre vie qui a construit l’album ?

Ma vie, oui. Et celle des autres !

Si vous aviez un souvenir marquant, qu’est ce que vous auriez à raconter de ces dernières semaines ?

C’est avant tout l’écoute du public à chaque concert et peu importe le cadre. Hier on était aux Francos de Spa, dehors, ou comme ici ou encore à la Rochelle dans une salle fermée. Mais, à chaque fois, je sens les gens en face de nous, au concert et je sens qu’il y a une écoute, une attention. Non pas qui me surprend mais qui génère quelque chose en moi.

 

Illustration CC By-nc-sa par Claire Berthelemy


Tags:  3eme bureau amandine maissiat festival fnac live interview katel le départ maissiat rencontre sarah bastin tropiques

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Claire Berthelemy
Petite je voulais être journaliste. Alors je suis devenu journaliste. J'aime la musique et son éco-système, ses tubes pourris et ses intermittents aussi. J'ai vu de la lumière chez La bande sonore alors je suis entrée. C'était chaleureux et ça parlait musique. J'aime la musique et son éco-système, ses tubes pourris et ses intermittents aussi. Alors je suis restée.




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