Mathieu Boogaerts en live aux Abbesses

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Mathieu Boogaerts continue ici et la sa tournée pour son album éponyme sorti fin 2012. Après avoir squatté la Java de Belleville pendant près d’un an, il change de quartier parisien et vient jouer, pour deux soirs, au théâtre des Abbesses. C’est accompagné de sa guitare et d’un euphonium qu’il va revisiter son répertoire et mêmes certaines chansons écrites pour les autres. De la sincérité, de l’humour, des histoires et une certaine mélancolie, voilà ce que Mathieu Boogaerts vient proposer en live ce soir.

Habituellement un public vient a un concert car il fait la démarche d’acheter sa place, ce soir ce n’est pas vraiment le cas. Programmé au Théâtre de la ville, Mathieu Boogaerts est un des spectacles proposés pour l’année dans ce splendide lieu où sont majoritairement données des pièces jouées. Certains abonnés viennent donc un peu au petit bonheur la chance, conseillés par une vendeuse ou par connaissance des choses. Abonné aussi à ce même théâtre, Mathieu Boogaerts connaît à juste titre ce public et sait qu’il va falloir faire les choses dans les règles de l’art. Souvent seul sur scène, il est accompagné de son ami Anthony Caillet à l’euphorium, un instrument à vent, très présent dans son dernier album. Ils débutent justement avec un titre de celui-ci : Sylvia. A part les aficionados venu exprès, le public applaudit chaleureusement mais on sent qu’il est encore dubitatif. Mathieu Boogaerts aime créer un lien avec son public et n’hésite pas dès l’introduction de la deuxième chanson à expliquer sa méthode de composition et le thème, en un mot, qu’évoque la chanson. Le public comprend l’univers arti de Mathieu Boogaerts et sa superbe folie par ses explications et par le panel sublime de sentiments dans ses chansons. Le public rit pour All I Wanna Do, est touché par J’entends des airs et se laisse emporter finalement au fil des chansons par l’humeur communicative de ces titres.

Pour les connaisseurs, voir Mathieu Boogaerts c’est en apprendre d’avantage sur certains de ses titres et s’y attacher d’autant plus. On peut y apprendre que All I Wanna Do parle de sa mère, Petit A Petit B de son père ou encore que !!!Bon Voyage!!! a été écrite suite à un plan cul dans un décor paradisiaque qu’il croyait une histoire sérieuse. Il troque sa guitare pour un piano et s’amuse des arrangements avec son musicien sur scène. Il semble qu’il n’y ait pas de barrière, de jeu de rôle entre le spectateur et Mathieu Boogaerts. On est comme au concert de quelqu’un que l’on connaît un peu, qui raconte ses histoires qu’on prend plaisir à écouter. Répondant à ses envies, il décide de jouer Reptile dont il sort le texte de sa poche et le pose sur un pupitre. Reptile est une sorte de générique pop un peu eighties qu’il a écrit pour Liane Foly. Elle l’a en effet appelé pour lui dire qu’elle adore ce qu’il fait et qu’elle aimerait qui lui écrive une chanson. Animale, proie sexuée et sexuelle ; la chanson est aux antipodes de Liane Foly mais superbement bien écrite. Il chantera aussi Polka écrite pour Luce, gagnante de La Nouvelle Star en 2010, et une inédite qui sera sur le prochain album de la chanteuse. Il jouera aussi une chanson écrite pour Jane Birkin mais qu’elle n’a pas retenu et qu’il a donc gardé pour son répertoire personnel.

Le concert est sans décor, uniquement fait de lumières monochromes qu’il dirige à la demande selon les chansons. Ce n’est pas la scénographie qui fait le spectacle mais bel et bien l’artiste. Avec son petit déhanché très travaillé, sa danse de pied et sa façon à lui de raconter les choses, le public est conquis. Les spectateurs n’hésiteront pas à en demander encore après le rappel. Vraisemblablement touché, il reviendra. Ce sont des applaudissements très chaleureux pour le rappeler après son rappel. Les spectateurs sortent avec le sourire, avec ce groove particulier qui embaume ces chansons. De la simplicité, de l’émotion, de la spontanéité et une grande dose de (auto)-dérision, c’est ça Mathieu Boogaerts et c’est pour toutes ces raisons que c’est beau.