Live reports / 04/11/2015

Mathieu Saïkaly – Café de la Danse – le 2 novembre 2015

Après avoir reporté cette date parisienne d’un mois, ça y est, Mathieu Saïkaly vient présenter son premier album, ce soir, sur la scène du Café de la Danse. La salle est bien remplie et l’ambiance y est bonne enfant. Ca discute, tout le monde semble content d’être là pour  voir le concert du « farfadet » gagnant de la Nouvelle Star 2014. Son premier album A Million Particles est sorti à la fin de l’été dernier alors que cet artiste perché finissait son spectacle en compagnie de l’écrivain Nicolas Rey où ensemble, ils s’intéressaient aux textes de Gainsbourg, Henry Miller, The Bright Eyes, Bob Dylan ou Jack Kerouac, au sein de leur duo Les Garçons Manqués.

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Alors que les spectateurs finissent de s’installer, la première partie monte sur scène. C’est la chanteuse Vanille qui se présente accompagnée d’une musicienne. Très épurée, sa folk métisse différentes couleurs musicales pour des textes en français tour à tour introspectifs puis naïfs, plus légers. Pour que le public ne soit pas totalement perdu, la fille de Julien Clerc reprend Jamais Content d’Alain Souchon qui lui vaut de beaux encouragements d’un public très attentif. Avec des boîtes à rythme et un micro cellule au pied pour faire la grosse caisse, Vanille semble charmer son monde par sa simplicité et sa fraicheur.

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Pour habiller le changement de plateau, la playlist est parfaite et met dans l’ambiance : Elliott Smith, David Bowie et d’autres artistes indie-folk. La salle est quasiment pleine. Les lumières s’éteignent. Mathieu Saïkaly arrive avec son pianiste. Chacun prend sa place. Avec une scénographie très épurée, les deux musiciens commencent avec une intro en douceur, très mélodique. Sans fioriture ni effet, cette entrée en matière signe l’envie d’une musique pure et racée pour tendre vers le sentiment. La guitare frise sur les basses, la balance n’est franchement pas optimale mais ces problèmes techniques sont oubliées rapidement à l’avantage de la musique pour la musique.

Assis sur sa chaise, Mathieu Saïkaly devient conteur, témoin d’histoires qu’il a raconte avec poésie dans la pure tradition des songwritters américains qui le fascine. Avec une gaucherie attendrissante lors de ses prises de parole, il reste simple et veut être dans le partage avec son public. Après Poison et un titre inédit en français, le chanteur en Repetto blanches ne peut se retenir et reprend Angeles d’Elliott Smith, une de ses idoles. Il enchaîne avec A Million Particles, un titre très ambitieux qui donne de l’amplitude à ses mélodies alambiquées ne tombant jamais dans la facilité.

Pour que cette soirée soit spéciale, il invite Pauline de Tarragon, collège de promotion de la Nouvelle Star. A son arrivée, le micro ne fonctionne pas et démarre une scène assez surréaliste où Mathieu Saïkaly discute avec l’ingé son. Petite parenthèse amusante, le concert peut reprendre après un changement de guitare et diverses interventions techniques. Le duo joue Dans L’Ombre de Mes Pupilles, chanson présente sur l’album où la chanteuse est aussi présente. Joli tour de chant, ils continuent avec une reprise plus approximative de Michelle des Beatles.

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Ce problème technique est toujours là, ça se voit que le jeune artiste-compositeur-interprète est inquiet pour la suite et il a bien raison. Il attaque à Dans L’espace, un titre plus psychédélique où l’effet sur la voix est indigeste. Enchaine avec First Day Of My Life de The Bright Eyes très bien repris mais sur laquelle on ne le ressent pas être l’intention mais dans la projection de la suite. De là, tout part en vrille, s’étiole, il essaye de palier son problème de pédalier par des blagues et de l’improvisation qui ne payent pas comme sur Changing Upside Down où une boîte à rythme horrible et trop forte casse le groove et la chaleur du titre. Tout devient du bricolage et du colmatage malheureux… ça s’accroche aux branches et même si Mathieu Saïkaly veut garder un côté spontané dans sa démarche musicale, cette fin de concert donne l’impression de ne pas avoir été travaillée du tout.

Le concert se termine par son single Cliché Cosmique que le public attend avec impatience. La version live est agréable et donne encore plus de contraste au titre avec une fin où il peut prouver tout son talent de guitariste folk. Après un rapide rappel, il remonte sur scène pour finir en douceur.
Une prestation bâclée à cause de problèmes techniques où on se demande à chaque morceau quelle nouvelle tuile va lui tomber sur le coin du nez. Un artiste qui a le potentiel de faire rêver et voyager avec sa folk mais qui en l’état, laisse un goût amer en sortant de la salle. Dommage…



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Alexandre Blomme
Rédacteur en chef de Dicky.fr, ex-WeLoveMusic.fr, fan de toutes les musiques et des groupes émergents français.






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