Editos / Live reports / 17/11/2014

Merci Isabelle

Chère Isabelle Boulay,
Ce n’est pas un secret, j’ai souvent aimé votre travail. Mais, en ce vendredi soir, et alors que vous  avez appelé votre spectacle Merci Serge Reggiani, j’ai eu la soudaine envie de vous remercier à mon tour.
Merci pour Le temps qui reste en ouverture. Texte magnifique, signé Jean-Loup Dabadie, et sublimé par l’interprétation de Serge Reggiani.
Vous avez souligné être heureuse de présenter ce spectacle dans le cadre du Coup de cœur  francophone puisque vous alliez chanter « un des plus gros coups de cœur de [votre] vie ». Ce coup de cœur, nous le partageons, belle dame. Alors, merci pour la sincérité de votre démarche, de cet  hommage. Pour ce voyage à travers le répertoire de cet inoubliable interprète qu’était Reggiani.
Merci pour la place, immense, que vous lui offrez au sein de votre spectacle. Son image habite la  scène, tandis que vous occupez l’espace par votre voix et vos gestes, entourée de vos quatre « as de cœur » – Martin Bachand (guitares et direction musicale), Benoît Sarrasin (piano), Claude  Pineault (guitare, batterie, voix) et Marc Papillon-Ferland (violon, percussions). Une mise en  scène et des jeux de lumière sobres à l’extrême, c’était parfait. Merci aussi pour votre générosité. Pour vos anecdotes, parfois drôles et souvent touchantes. Le  public vous aime, et vous lui rendez bien.

Merci pour ce « à tout à l’heure » chaleureux, soufflé  comme un baiser, à la fin de la première partie. Les spectateurs montréalais semblaient heureux  et impatients de vous retrouver, à en croire les vifs applaudissements qui ont retentis à de  nombreuses reprises au sein du Théâtre Corona, et la longue « ovation debout » de fin de  représentation.
Merci pour l’intensité de vos interprétations. Le souvenir de vos versions de La Chanson de Paul et de J’t’aimerais me fait encore frissonner. Vous dites vouloir vous réincarner en homme dans  une prochaine vie, vous, qui savez déjà si bien vous glisser dans leur peau. Crédible, presque habitée, vous impressionnez de justesse. Vous paraissiez parfois émue, comme lors de votre  reprise du Petit garçon – seule chanson que vous vous êtes permise de féminiser –, émotion rendant vos performances d’autant plus bouleversantes.
Merci enfin pour votre respect de l’original. Par ce spectacle et votre plus récent disque, vous  prouvez qu’il est possible de reprendre une œuvre sans la dénaturer, à une époque où  moderniser quel qu’en soit le prix semble être devenu la règle. Merci à vous donc, mais aussi à vos acolytes, Philippe B. et Benjamin Biolay, pour leur travail d’orfèvre et leur intelligence.
L’esprit des chansons est intact. Merci.

Prochaines représentations de Merci Serge Reggiani au Théâtre de la Porte Saint-Martin le 8 décembre 2014 et au Théâtre de Paris le 16 mars 2015 ; au Forum de Liège, le 9 décembre 2014 ; au Théâtre du Léman, à Genève, le 11 décembre 2014 ; puis en tournée au Québec.



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Aurélie Lebec
Tantôt attachée de presse, tantôt journaliste. Je parle de musique sur @LaBandeSonore. Amoureuse de cinéma, de mots et, parfois, de télévision. Envoyée spéciale à Montréal






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