Musilac 2012

 

Aix les bains. 16 heures vendredi dernier. 30 degrés au soleil. La foule arrive doucement sur l’esplanade du lac du Bourget allouée au festival Musilac – attention à l’autoplay de Mika en bas du site. Distribution de boules Quiès, que la majorité enfile dans les conduits auditifs. En réalité on comprend assez rapidement pourquoi : la double scène frôle la représentation réelle du mur du son et les groupes et artistes vont user et abuser du système sonore.

Le programme est alléchant : Miossec, Jean-Louis Aubert, Bénabar, The Kills, Franz Ferdinand, LMFAO, Moriarty, Dyonisos, Blink 182, Garbage, Lenny Kravitz, Metronomy, Noel Gallagher, Orelsan, Shaka Ponk, Skip the Use, et caetera. Sur trois jours.

Côté réussite, on peut citer Jean-Louis Aubert pour sa prestation quasi sans faute et sous les quelques minutes de pluie. Programmé le vendredi soir, à la tombée de la nuit, il a certes joué ses plus grands classiques mais a aussi offert au public un son plus que plaisant. Voix et instru pour faire faire vibrer les générations réunies à Musilac.
Bénabar, surprenant Bénabar. Ok, le son n’était pas celui de la meilleure scène, celle de droite puisqu’ils étaient à gauche. Mais l’efficacité des titres comme « à la campagne », « je suis de celle », « le dîner », « une photo » et « l’effet papillon » est démontrée. Vraiment sincères.

Dionysos aussi a précisément oeuvré à ce que les festivaliers attendent : se déchainer au milieu de l’esplanade – où est-ce moi qui n’ai pas la bonne image de ce qui doit être un bon festival ? – en remuant en même temps que les basses. Non seulement son show est efficace puisque le public reprend ce qu’ils chantent et jouent sur scène mais les effets scéniques le sont aussi. Aka les acrobaties réputées de Mathias Malzieu le chanteur du groupe – formé en 1993 ! – et compagnon d’Olivia Ruiz qui d’un geste très sûr s’est jeté dans la foule et a fait son petit aller-retour de la scène à la régie en face. Un voyage impressionnant comme on les aime.

The Kills pour la suite, les groupes s’enchainant rapidement avec cette double scène : quand celui de gauche a terminé, celui de droite commence et les techniciens au taquet installent l’artiste suivant sur la scène de gauche. Pendant ce temps là, l’artiste à droite s’éclate comme un p’tit fou. Les Kills donc ou le rock brut. Sans faute pour la première impression. On regrette juste les enceintes qui grésillent un poil.

Le samedi, soirée de prédilection pour les orgas, puisque soirée qui voit venir le plus de monde. Logique de programmer les plus grosses têtes d’affiche. Pourtant pas celles qui donnent toujours tout mais ça nous verrons après. Parmi ceux qui ont relevé le défi, parce que oui chanter devant 30 000 personnes amassées comme du bétail devant une botte de foin est un défi, figure Franz Ferdinand. Sans faute ! Du tube à gogo que tout le monde reprend en choeur, du son en quantité suffisante pour faire vibrer le sol et surtout, surtout, le final où le quatuor s’éclate sur la batterie. À quatre sur une même batterie et avec la force de Franz Ferdinand, autant qu’on aurait aimé en écouter encore.
Là ils étaient à Bercy en 2009. À Musilac c’était encore mieux :

Bon son du côté de Skip the use et Garbage – boules Quiès à la limite de l’obligatoire tellement le volume était fort.
Garbage c’était ça :

Côté demi-teinte, Miossec pour le premier – gros – concert du vendredi, le sol sableux vibre sous les basses des cinq « colonnes » d’enceintes. Le chanteur arrive le voix eraillée, tellement qu’on en souffre pour lui. Deux chansons pour un rapide tour de chauffe et il enchaîne, embarquant avec lui les milliers de festivaliers collés devant la scène (75 000 sur l’ensemble des trois jours). Debout ou assis, ils sautillent ou hochent la tête, c’est selon. Maman, Je m’en vais, La facture d’électricité. Le rythme ciselé et l’instru remuent l’assemblée pendant que le ciel se couvre petit à petit. Sa voix s’est réchauffée et la prestation vaut bien de sauter au milieu de la foule. Dommage, ni 30 ans ni la mélancolie ne figurent à son tour de chant.

Idem pour Metronomy et la demi-teinte : de la pop lisse et consensuelle, même si scéniquement parlant, ils occupent l’espace sonore et physique. Rien d’autre de particulier donc. Lenny Kravitz n’a pas eu l’air d’être non plus très très au taquet (j’étais fatiguée donc assise par terre donc loin de la scène). Orelsan mériterait de grandir un peu : une belle entrée sur scène mais ensuite pas convaincue par le show. Un samedi un peu moit-moit en fait malgré les promesses de têtes d’affiche.

Spéciale carton rouge à LMFAO, le dimanche soir, seul groupe à avoir placé des chauffeurs de salle pendant dix minutes, puis quelques minutes de scène et gros blanc, les lumières se sont éteintes, hop hop hop on range les affaires pendant que le public les sifflait – il faut aussi dire que c’est une sacré arnaque tout ça. Revenus pour quelques titres, nous on est partis.

L’avantage d’un festival, la possibilité de n’aller qu’à ce qui peut plaire. Et de pouvoir aller s’affaler dans l’herbe ou de partir. Quoi qu’il en soit : pour l’édition 2013, à faire. Pas d’âge moyen ni même de configuration familiale ou amicale : tous âges se mélangent et couple, bande de potes et familles se sont partagés les mètres carrés de l’esplanade. Réservez un petit bout de pelouse pour l’an prochain.

Disclaimer : j’ai payé mon pass trois jours et ne suis ni liée à l’orga ni à l’un des artistes.