« Ouvre », le nouvel album de Maurane

Depuis plus de 20 ans, elle est là. Maurane. Incontournable. Beaucoup s’accordent pour dire qu’elle est l’une des plus belles voix francophones, une référence. Mais connait-on vraiment Maurane ? Elle n’est pas du genre à se répandre, à s’étaler, et paradoxalement elle n’a pas non plus sa langue dans la poche. Une forme de pudeur qui n’a d’égal que son talent. Mais aujourd’hui Maurane « ouvre », s’ouvre davantage avec ce nouvel album.

Un disque libre où Maurane se dévoile au fil des titres. Imparfaite, inquiète, douce, passionée. Multiple et entière. « Trop Forte », déjà, en premier extrait donnait le ton. Une définition, une envie de dire, sans chercher à déranger : juste se faire entendre. Avec finesse, le pari (risqué) est réussi. L’album, bien qu’hétérogène, inscrit une continuité. Elle a écrit, cette fois. Elle a osé, malgré ses doutes. Le magnifique « Je voudrais tout te dire » dédié à sa fille se fait hymne réconfortant, enveloppant. Le très pop « Jamais seule » vient réveiller ces ombres qui dérangent, ces présences qui pèsent.

« Toi c’est différent » est le témoin la puissante émotion qui se cachait parfois, trop, dans la chaleur de sa voix. Et lorsque celle-ci se mêle avec la voix de Bernard Lavilliers, c’est pour rendre un humble et bouleversant hommage à Annie Girardot, avec une simplicité qui laisse sans voix. Ses mots, ceux des autres, peu importe : Maurane transcende ses treize chansons voguant à différents rythmes sans s’éloigner, d’elle-même. Voilà l’essentiel. On y retrouve les orchestrations d’une chanson presque classique, des accents soul et jazz qu’elle a toujours porté vers le grand public, une pop qui lui va si bien : une musique de caractère, en somme.

« Qu’est-ce qu’on peut faire, à part être » s’interroge t-elle en duo avec la jeune Yseult, rencontrée lors de son expérience Nouvelle Star. Elle semble avoir trouvé la réponse à cette question. « Ouvre » est un état, une carte du soi sans faux semblant. Ce nouvel album sonne comme une évidence de ce que l’on devinait chez elle. « Et voilà que tout commence, et voilà que tout renaît ». Une âme papillon.

A voir, notre rencontre avec Maurane