Peter Peter – Concert au Nouveau Casino le 6 mars 2014

Après quelques concerts de chauffe en format court à la fin de l’année 2013, Peter Peter revient à Paris pour présenter son nouvel album fraichement sorti il y a une semaine. Pour cette première date, il remplit le Nouveau Casino de Paris.


Peter Peter est dans l’œil du cyclone musical. Avec un joli buzz autour de la sortie de son deuxième album : Une Version Améliorée de la Tristesse, l’artiste québécois fait parler de lui et à raison. Avec une production à l’ambiance eighties et vaporeuse, il dénote de tout ce qui se fait en ce moment en chanson francophone en mélangeant les genres et en créant une couleur musicale unique. Rien que le titre éponyme à l’album est une invitation, un slogan qui fascine.

Le Nouveau Casino affiche complet pour ce vrai premier concert de
Peter Peter. La première partie est assurée par Louves, un quatuor féminin de pop-électro. Très chirurgicales et vraiment pas chaleureuses, les parisiennes charment une partie du public avec leurs mélodies pop et leur look rock’n’roll. Habituellement, les changements de plateaux se font rapidement et par des techniciens mais ce soir, Peter Peter et ses musiciens refont une balance et testent tous les instruments et micros avant le début de leur show. A certain moment, on pourrait croire que le concert a commencé ou va commencer mais il n’en est rien, c’était une dernière vérification avant que cela le vrai début.

Peter Peter n’est pas un débutant, il a déjà un album et une tournée québécoise à son actif. De plus, depuis sa signature sur le label français Sony/Arista, il a donné plusieurs showcases dont un totalement lynchien, ambiance Twin Peaks, et pour cause, au club Le Silencio à Paris. Accompagné de son saxophoniste, qui démontre que l’on peut jouer autre chose que du Supertramp avec cet instrument, Peter Peter démarre le titre instrumental Barbès-Rochechouart au synthé rétro donnant instantanément un mood un brin cafardeux. Les trois autres musiciens les rejoignent et ensemble ils démarrent avec le premier single Une Version Améliorée de la Tristesse. Les nappes synthétiques stagnantes se mélangent avec le sax à la reverb profonde pour un rendu très émouvant, encore plus que sur la version album. Avec une mèche qui cache une partie de son visage, Peter Peter est charismatique avec ce qu’il faut de mystérieux pour éveiller la curiosité. Expatrié du Québec, ses chansons transpirent les réminiscences de cette époque canadienne avec son lot d’amours ratées/de passage et de doutes existentiels comme dans Tout Prend Sens Dans Le Miroir.

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Pour ce deuxième album, Peter Peter a repris le single Tergiverse, déjà présent sur son premier album où il était en duo avec sa compatriote Béatrice Martin aka Cœur de Pirate. Pas de blondinette pour cette nouvelle version mais un single en puissance qui saura plaire aux amoureux de ballades pop dépressives. Malgré son thème hivernal pas franchement marrant, cette nouvelle bouture apporte de la fraicheur à ce live où le pessimisme à la part belle. Le groupe revisite Montréal, Neige Sale extrait d’un premier album qui n’a jamais été distribué en France mais qui est disponible via Audiogram. Toute les chansons sonnent comme des fragments autobiographiques : une amour perdu à la mélancolie rance dans Le Monde n’y Peut Rien, une nuit d’ivresse et de solitude dans Réverbère ou encore un bad-trip dans une maison du quartier d’Hochelaga de Montréal dans Homa. « Parce que le prochaine chanson parle de drogue » Peter Peter décide de présenter les membres de son groupe, dont deux sont les musiciens de Lescop. Introduction étrange, tous ensemble ils reprennent avec énergie MDMA. Le public se réveille enfin un peu et l’ambiance électrique monte d’un cran, ça tombe bien c’est le moment du nouveau single Carrousel au refrain entêtant et aux nappes sonores minimalistes qui contrebalancent à la perfection avec les instruments plus organiques. Avec une canette de 33 à la main, Peter Peter semble heureux de l’osmose avec ce public parisien qui le découvre et reprend Porte-Bonheur, un des single du premier album qui prend une tournure plus folle et explose. Electrique et crescendo, le chanteur termine avec sa guitare à genoux comme en transe. Ca c’est une fin de concert !

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Après un rappel rapide, Peter revient et reprend seul avec sa guitare folk parce qu’ « il paraît qu’en France, on aime les chansons tristes » ce qui explique pourquoi Peter Peter se sent ici chez lui. Il joue Rien ne se Perd, Rien ne se Crée et est rejoint ensuite par le reste du groupe pour terminer avec Les Chemins Etoilés. Il est applaudi encore et encore. Il profite de l’occasion pour remercier chaleureusement et avec émotion son producteur et toute son équipe qui travaille avec lui. Un premier concert qui en promet d’autres encore plus intenses et forts. Quand on commence une tournée avec un tel niveau d’exigence, il faut s’attendre à une suite encore plus grandiose. Peter Peter n’est pas qu’un phénomène, il est un artiste touchant à la sensibilité communicative. Un artiste à suivre et à découvrir en live encore et toujours.

Crédit Photo : @_ava