Pierre Lapointe : « Les chansons tristes, quand on est saoul, c’est encore meilleur ! » #FRANCOSMTL

Le concept de Paris tristesse avait été pensé et présenté d’abord en France. Une sortie impromptue en sol québécois plus tard, Pierre Lapointe offrait deux soirs de « première nord-américaine » à la Maison Symphonique de Montréal, dans le cadre des Francofolies. Un évènement attendu à en croire la vitesse à laquelle se sont vendus les billets.
D’emblée, il prévient : « s’il y en a qui se sont séparés récemment, assurez-vous d’avoir quelqu’un à qui parler ». Les premières notes de Tu es seul et restera seul résonnent, le ton est donné. Suivront les Quelques gouttes de sang, Nu devant moi, Nos joies répétitives, je déteste ma vie… Douce mélancolie.
Si toutes les chansons sont tristes ou empruntes de mélancolie – « parce que déprimer à Paris, c’est l’fun » –, ses interventions sont lumineuses et souvent drôles. Ainsi, il se moque beaucoup de lui-même, jouant sur l’image arrogante que certains pensent voir en lui. Il est attachant, Pierre Lapointe, et humain surtout.
Peu de reprises cette fois. À Barbara et Ferré, il préfère Moi Elsie, de son amie Elisapie Isaac. Un texte signé Richard Desjardins et une musique, modestement revendiquée par lui-même. Surplombant la foule aux côté de Jean-Willy Kunz, organiste en résidence de l’Orchestre Symphonique de Montréal, il se fait plaisir sur La Chanson de Bilbao (Yves Montand), avant de rejoindre la scène principale, accompagné cette fois de la guitare de Félix Dyotte – révélation du moment et complice de longue date – pour Comme ils disent (Charles Aznavour).
Il retrouve finalement son piano et la multitude de lutrins ornés de lumières. Décidément, cette mise en scène est belle, presque magique. Deux par deux rassemblés clos ce spectacle de près de deux heures. Un refrain d’espérance entonné par un public visiblement ravi.

Crédit photos:  Victor Diaz Lamish