Rencontre avec le groupe Las Aves

Quelques semaines après la sortie de son premier EP et à une semaine de son premier concert en solo au Point Éphémère de Paris, La Bande Sonore rencontre la valeur montante pop rock indé français : Las Aves. Avec la même composition que son groupe The Dodoz, Las Aves prend un autre cap sans pour autant renié ses influences premières. Entrevue avec un groupe définitivement hybride et moderne dans les bureaux de Cinq7, son label, dans le XI° arrondissement.

La Bande Sonore : A quel moment avez-vous décidé d’arrêter The Dodoz, votre ancien groupe post-punk, pour débuter l’aventure Las Aves ?

Jules : On n’a pas vraiment arrêté. On a fait une grosse tournée avec The Dodoz en Europe de l’est, on est parti tout seul, on y a fait beaucoup de concerts. Quand on est rentré, on s’est reposé tous pendant quelques mois, on a fait d’autres trucs comme de la boxe, de la mécanique, d’autres choses en dehors de la musique, on s’est vidé la tête. Par la suite, on est revenu en studio en se disant on va refaire de la musique mais on ne pensait pas album, on ne savait pas où on allait aller, on ne savait pas non plus si on voulait garder The Dodoz comme ça ou pas. Donc on a recommencé à faire de la musique et on s’est rendu compte que le style commençait à changer par rapport à The Dodoz. Donc c’est à la fin, une fois toutes les nouvelles chansons terminées, on a regardé en arrière et on s’est dit qu’on ne pouvait pas garder le même nom parce que ça n’aurait eu aucun sens. L’histoire n’était pas la même, on n’avait pas composé de la même manière, on ne jouait pas des mêmes instruments donc on s’est dit qu’il fallait marquer le coup et dire que l’on a changé, que les choses sont différentes. Donc on a changé de nom. On l’a fait aussi pour pas que les fans de The Dodoz se sentent floués avec un album comme celui que l’on a aujourd’hui sans rien leur dire. Je pense que même nous, on se serait menti à nous-même. C’est plus les Dodoz, c’est les mêmes personnes mais avec un projet différent.

Géraldine : Même en termes d’histoire, on avait quand même envie de mettre un beau point final à The Dodoz. On a eu une très belle histoire avec le groupe et on voulait garder cette image, un groupe dans son jus, avec de grosses tournée en mode punk, hyper rock’n’roll. On voulait garder tout ça et commencer une nouvelle histoire avec ce groupe.

LBS : Déjà après la sortie du deuxième album de The Dodoz, vous aviez dit que Forever Purr était la suite du premier dans la spontanéité mais que vous souhaitiez peut être pour la suite plus vous poser. C’est ce break qui vous a décidé à passer à autre chose ?

Géraldine : C’est vrai qu’on n’a pas composé de la même façon qu’avec The Dodoz. Avant on faisait tout en répèt, un de nous amenait un morceau et on le jouait avec notre formation rock’n’roll avec une basse, deux guitares et une batterie. Une fois qu’on était content de notre morceau en répèt, on allait en studio pour l’enregistrer sur bande, tout en live, tous en même temps, en gardant les pains et les petites imperfections. Là, on a pas du tout fait de la même façon, on est allé dans un home studio à Toulouse. En arrivant, on a ouvert une session ProTools vierge et puis on a commencé à enregistrer en même temps que l’on composait, du coup ça a donné des morceaux complètement différent. C’était beaucoup plus proche de ce que l’on pouvait faire chacun de notre côté chez nous quand on composait un petit truc sur GarageBand. De cette façon, on a plus fait des chansons qui étaient beaucoup plus pop et qui avaient chacune besoin d’un travail de production différent qui appelait à utiliser d’autres instruments. On avait envie de varier complètement les sons donc par ce travail, on s’est éloigné de la structure Dodoz.

« Notre rêve est de faire la meilleure chanson possible sur trois minutes en ayant le meilleur couplet et le meilleur refrain et pas forcément tombé dans quelque chose de très compliqué qui part dans tous les sens. On a changé d’idéal là-dessus. »

LBS : A quel moment est intervenu Dan Levy de The Do pour assurer la production de Las Aves ?

Jules : On avait une dizaine de chansons dont on était content et là, on s’est dit qu’on avait besoin d’un regard extérieur pour nous faire avancer plus parce qu’on avait enregistré ça presque à l’aveugle, on avait jamais enregistré tout seul donc on était dans le noir. On a envoyé les morceaux à Dan, il a répondu de suite parce qu’il a eu un coup de cœur. Pour nous, c’était assez inespéré parce qu’on était et on est hyper fan de son travail donc on est trop content de sa réponse. Il est venu à Toulouse, il ne devait venir que pour écouter les morceaux et finalement on a passé deux jours non-stop à discuter sans arrêter et même à s’engueuler sur des trucs à savoir ce que l’on devait faire ou non, bref les débats habituels avec lui. Donc dès qu’on s’est rencontré, on a commencé à travailler ensemble avant même d’entrer en studio, c’était naturel. C’est lui qui nous manquait et à partir de là, on a recommencé à travailler les morceaux  que l’on avait fait de notre côté avec lui, il a posé la couche de vernis dont il y avait besoin. Maintenant on continue la même formule à part que maintenant on vit à Paris donc on répète chez nous à Paris à l’arrache et après on va dans le studio de Dan et on termine les morceaux avec lui.

LBS : Mais comment avez-vous fait pour ne pas non plus vous faire vampiriser votre création par Dan Levy ?          

Géraldine : Déjà ce qui nous a impressionné c’est lors de sa venue à Toulouse, il nous a fait écouter des morceaux de l’album de The Do en hyper avant-première, en aout dernier. On a halluciné parce qu’on ressenti une parenté alors qu’on avait jamais rien entendu de cet album-là. On a compris à ce moment-là pourquoi il avait eu un coup de cœur comme ça sur nos morceaux.

Jules : Lui aussi à halluciné quand il a reçu nos morceaux, c’était le même style qu’il essayait d’avoir avec Olivia du coup c’est vrai qu’il y une vraie parenté. Du coup, on n’a pas eu besoin de se démarquer parce que c’est ce que l’on voulait faire aussi donc on s’est retrouvé là et on s’est dit qu’on allait bosser ensemble et tourner ensemble.

Géraldine : Après Dan quand il bosse avec nous, il ne veut pas faire du The Do, il reprend nos parties et il les réimagine et on lui envoie des titres qui ne sont pas les mêmes qu’ils s’envoient avec Olivia, ça fait forcement quelque chose de différent après oui, il y a un lien de parenté.

Jules : Après Dan a un rôle de producteur, il a la même façon de travailler le son mais pour nous, c’était aussi une volonté de travailler avec Dan qui est un des seuls mecs en France qui est un producteur avec une vraie patte, une vision différente et il ne fait pas franchouillard, il peut s’exporter. C’est un vrai producteur, un peu à l’Américaine. Pour nous c’était important d’avoir ce mec là sur l’album et voir jusqu’où on pouvait aller avec lui.

Adrien : La similitude que les gens peuvent ressentir, c’est plus une filiation comme une « scène ». Il a travaillé avec Jeanne Added,  qui pour moi, ne ressemble pas du tout à The Do dans le sens où Jeanne Added c’est sombre, limite Post-Punk alors que The Do ne l’est pas du tout.  Le point commun c’est la prod, il y a ce lien, cette façon d’utiliser les rythmiques. Nous, on aime bien appartenir à une scène. Après Las Aves, Jeanne Added ou encore The Do c’est quand même très différent. Si on veut bien aller chercher un peu plus loin… Au premier abord certains morceaux peuvent donner l’impression de se ressembler dans la production parce que c’est la première chose que tu entends avec cette façon unique de travailler la voix, le son de la batterie donc forcément tu as des codes qui font que c’est un peu similaire mais ça nous dérange pas plus que ça, au contraire on trouve ça plutôt cool. Aux Etats-Unis, il n’y a aucun problème avec ça. C’est comme dans le hip-hop où certains groupes forment une scène, ils utilisent le même producteur et peuvent sembler sonner de la même manière mais être chacun différent avec sa patte et  c’est ça que l’on aime bien.

LBS : Quel était l’esthétique que vous vouliez avoir autour du groupe ?

Jules : A la base, on ne voulait pas avoir d’esthétique particulière. On a jamais rien fait volontairement, c’est-à-dire qu’on a d’abord composé. Au début, comme on le disait précédemment, on n’avait pas le même son. On sortait des Dodoz et quand on est entré en studio, on avait encore un son beaucoup plus rock, même si ça sonnait déjà plus pop, il y avait une couleur rock très forte. Ça ressemblait un peu aux Breeders, quelque chose de plus pop mais avec ce côté rugueux par des sons très saturés et petit à petit on est venu à autre chose. Dan nous a aidés à débloquer certaines choses comme le fait d’utiliser des synthés. Nous, on voulait faire sonner des guitares comme des synthés mais ne pas utiliser l’instrument directement, on avait des dogmes de vieux rockers. On ne s’est jamais dit qu’on voulait faire tel style musical et notre son s’est fait sans qu’on le veuille vraiment. On aurait jamais imaginé vraiment faire ça mais au fond de nous, c’est toujours ce qu’on a toujours voulu faire, on a toujours voulu allier des trucs genre les B’52s, SIouxie & The Banshees avec d’autres musiques comme Metronomy, M.I.A., Ratatat, des sons très modernes et plus hip-hop justement. En ce moment, on adore dans le hip-hop la façon dont il amène un son de ouf que tu n’as jamais entendu dans chaque morceau avec une nouvelle manière de produire qui donne cet effet de nouveauté. On a cherché à faire un mix de deux, c’est ce mélange qui nous drive. Dan est à fond dans tout ce qui est moderne, dès qu’on met un truc un peu à l’ancienne, c’est le premier à nous dire : « putain les gars, on est pas dans les années 60, faites pas chier ». On a eu quelques débats à ce sujet d’ailleurs, c’était marrant. Lui, il est vraiment dans ce délire hip-hop, ultra moderne a essayer de repousser les limites de la modernité. Nous on cherche à créer un pont entre les deux.

LBS . En ce qui concerne le visuel, pourquoi ce faucon doré à la Cité d’Or ?

Géraldine : On a bossé avec Ferry Gouw qui a fait le dessin de la pochette qui a signé aussi tout l’artwork de Major Lazer. C’est comme pour la musique, on voulait travailler avec des gens que tout simplement dont admirait le travail. Ferry Gouw c’était le cas, Daniel Breton pour les clips, Dan pour la production aussi. On a simplement envoyé des mails aux artistes qui nous touchaient. Ferry Gouw a répondu, il y a eu une connexion, il a aimé, il avait envie d’illustrer notre musique dont on lui a laissé carte-blanche.

Jules : On savait qu’on voulait, au niveau graphique, quelque chose d’assez fort, assez logo. On ne voulait pas avoir 10 000 esthétiques avec une photo par-ci, une photo par-là ou un petit paysage avec une petite typo à gauche. On s’est dit qu’on voulait un logo qu’on mettrait partout.

Géraldine : On voulait un truc tranché ! Un parti-pris.

Jules : Certains diront que ça fait trop bikers, trop militaire, on aimait bien le fait que ça empreinte à toutes ces références et aussi à la culture américaine du logo en le mettant à notre sauce en laissant Ferry Gouw le retravailler façon cartoon.

LBS : Vous avez injecté beaucoup de pop culture dans votre musique ?

Jules : On s’est mis à l’assumer en fait. Avec les Dodoz, on était dans le post-punk et donc on n’assumait pas. Là, pour Las Aves on a grandi et on a pris le parti de se demander les raisons pour lesquelles on fait ça, pourquoi on écoute ça, pourquoi on s’interdisait de faire tel refrain alors qu’on avait la mélodie en tête, pourquoi on ne  s’autorisait pas à mettre ce synthé…

Géraldine : Même en termes de chansons, on voulait toujours faire des choses alambiquées. Il y a quelque chose qui a switché chez nous, on a eu vraiment envie de faire ressortir nos chansons et de se dire que notre rêve est de faire la meilleure chanson possible sur trois minutes en ayant le meilleur couplet et le meilleur refrain et pas forcément tombé dans quelque chose de très compliqué qui part dans tous les sens. On a changé d’idéal là-dessus.

Jules : Le truc qu’on a toujours préféré en fait c’est la pop, les bons morceaux, les trucs qui te mettent les frissons. Avec les Dodoz, en live, on s’approchait plus de groupes comme At the Drive-In qu’on adore aussi vraiment mais ça nous touchera jamais autant qu’un titre pop puissant avec un super couplet et refrain.

Adrien : Avec les Dodoz, on était hyper jeune, dans une énergie punk, on faisait du skate, le truc un peu branleur donc ce truc-là, c’était pour nous aussi une décharge d’énergie. On écoute tellement de musique et on aime tellement les mélodies qu’en grandissant, on s’est dit qu’on allait faire un album produit dans la lignée de groupes où il y a un vrai travail de son comme chez Metronomy par exemple. On exprimait notre couleur musicale à travers tous ces sons et tout en cherchant à faire quelque chose d’originale mais accessible aussi. On voulait créer dans l’artisanat classique de la chanson avec un couplet, un refrain, un couplet refrain mais que ça sonne particulier et personnel. C’était le but qu’on avait sur cet album.

« On voulait de la musique pop pour que le tout sonne comme quelque chose d’assez accessible et agréable à écouter, on ne voulait pas juste s’adresser à tel mec qui traîne à tel endroit dans telle ville. »

LBS : Pour The Dodoz, vous aviez pour habitude d’avoir des paroles vagues pour une interprétation plus large, c’est encore le cas pour Los Angeles, vous allez continuer dans cette voie pour Las Aves ?

Géraldine : Los Angeles effectivement c’est dans les premières qu’on a composé. Elle est dans la veine au niveau des paroles, de ce que l’on pouvait faire avec les Dodoz. Au fur et à mesure de la composition, on est peut-être allé petit à petit vers quelque chose de plus direct. On a aimé se cristalliser sur un thème et dérouler une chanson autour de ça. Donc il y a toujours une sorte de flou que l’on aime bien mais qui s’articule plus autour d’une idée principale et du coup, il y a un peu plus d’impact.

Jules : On voulait plus développer une idée forte par chanson. Les Dodoz on s’amusait, on écrivait ça comme ça, c’était presque le jeu du cadavre exquis, tu mettais des mots l’un au-dessus de l’autre, ça nous amusait beaucoup. Là, comme chaque morceau à son ambiance sonore, on partait d’une idée, d’un mot et on déroulait ça pour arriver à quelque chose de plus précis au niveau de l’image.

Géraldine : Vu le format plus chanson, on avait envie d’exprimer des émotions, des sentiments etc., résultat il y a des textes qui sont plus réels.

LBS : Quelle est justement l’Imagerie autour de votre single Los Angeles ?

Géraldine : Justement, Los Angeles c’est une des premières que l’on a composé. A ce moment-là, on était quand même assez fatigué des Dodoz, de cette tournée très rock’n’roll et on était donc dans une période personnellement pas évidente pour nous tous.  On ne savait pas très bien où on allait, on se voyait grandir, on ne savait pas très bien ce qu’on voulait faire de nos vies donc Los Angeles c’est et si on partait là-bas, une ville où tout ira mieux, où on aura pas à réfléchir à ces problèmes maintenant tout de suite, c’était le principe de la fuite en avant. Bon finalement on ne l’a pas fait, on est resté mais on est venu à Paris, on a fait quelque chose de plus rationnel.

LBS : L’album est prévu pour la fin de l’année, vous en êtes où ?

Géraldine : Adrien pense qu’il est avancé à 95%, moi je pense qu’on est à 70.

Adrien : 80 bon 75% !

Géraldine : Allez ! 75 je te l’accorde (rires)

Adrien : On a enregistré la majorité des morceaux mais je pense qu’on a va composer deux ou trois en plus avant de le sortir. Il est presque fini.

Géraldine : Surtout qu’on a des morceaux pour lesquels les prods sont pas finies mais la structure des morceaux est là.

Adrien : Le gros est là, on sait comment ça va sonner, à quoi ça va ressembler mais il nous reste du travail pour peaufiner le tout et composer encore un peu.

Géraldine : C’est un long un album ! C’est beaucoup de travail.

LBS : Avec The Dodoz, pour Forver Purr, vous aviez pour habitude de retourner constamment en studio pour en remettre une couche et retravailler sur la production…

Géraldine : C’était surtout parce qu’on n’arrivait pas à le sortir (rires) Là, à priori, on va réussir à le sortir donc va devoir le terminer.

LBS : Justement le fait de partir de Sony pour aller chez Cinq 7 a changé quelque chose musicalement pour vous ?

Géraldine : Pour nous, ça a changé beaucoup de choses !

Jules : Pour nous, c’était aussi l’envie de s’entourer des bonnes personnes comme pour l’artwork et le clip. On voulait une équipe adaptée au projet et là aussi, c’est en partie grâce à Dan qui nous a dit être sur ce label et qu’il leur avait fait écouter, pareil pour le tourneur de The Do qui est aussi le notre maintenant. C’était l’idée d’être entouré par des gens de structures peut-être plus petites qu’une major mais qui travaillent vraiment le projet parce que c’est dans le même esprit. On travaille avec des structures à taille humaine et faite à partir de rencontres. On voulait pouvoir envoyer des mails, de rencontrer les gens nous même. Par exemple, notre manager Allan on l’a rencontré comme ça, par Dan et ça s’est fait naturellement. On avait plus de manager, on était sans filet. On est hyper content de l’équipe que l’on a parce qu’à chaque fois c’était une vraie rencontre et on était sure qu’ils voulaient vraiment bosser avec nous et surtout que l’on se comprenait.

LBS : Et le fait d’être rassuré par cet entourage, cela vous a-t-il libéré créativement ?

Géraldine : On était déjà libéré avant mais ça nous a libéré pour aller encore plus loin. Allez plus loin dans les clips, plus loin dans les visuels et donc mieux distribuer notre musique, à qui s’adresse notre musique. Après notre musique s’adresse vraiment à tout le monde par la pop culture même si il y a des passages qui sont plus pointus dans le premier album, on ne voulait pas faire une musique snob qui s’adresse à une élite. C’est de la pop, ça s’adresse à tout le monde comme Kate Bush s’adressait à tout le monde mais restait une musique très spéciale. S’adapter  à tout le monde ça ne veut pas dire s’adresser à n’importe qui et ne pas faire du mainstream mais ne pas, non plus, faire le contraire et tomber dans un truc de niche, on voulait de la musique pop pour que le tout sonne comme quelque chose d’assez accessible et agréable à écouter, on ne voulait pas juste s’adresser à tel mec qui traîne à tel endroit dans telle ville.

LBS : Il paraît que lors de vos premiers lives vous aviez tendance trop balancé et faire disparaître le côté pop du groupe.

Géraldine : C’était ghetto ! (rires) On a mis un peu de temps à caler quelque chose et on est toujours en train de le caler (rires), c’est toujours pas fini. C’est vrai que pour les Dodoz, on arrivait, on se branchait, on jouait comme chez nous et ça fonctionnait. Là, on s’est retrouvé à se prendre la tête à se demander comment là on va réussir à faire ressortir ce morceau parce que ça ne ressort pas du tout comme sur l’album, de devoir déclencher des trucs et les enclencher avec une MPC. On a du plus se prendre la tête sur les sons, pareil pour la batterie, Adrien a dû adapter son jeu qui était un peu trop bourrin,

Adrien : Je joue toujours de la même manière mais on a intégré de la production sur scène pour que ce soit hybride entre cette énergie rock mais aussi en faisant en sorte que le côté pop ressorte aussi et qu’on retrouve les chansons dans son format en live. Au début, ce n’était pas lisible. C’était tellement bourrin qu’on n’entendait pas les chansons avec qu’on ne reconnaissait pas les mélodies.

Géraldine : Au début c’était brouillon maintenant on retrouve les morceaux avec peut être une énergie plus rock, plus live mais tu reconnais quand même les morceaux en live.

Jules : En fait c’est surtout un gros travail sur le temps. On doit trouver des solutions pour bien faire sortir les sons, ce qui est exactement le contraire de The Dodoz où c’était très cool et hyper spontané dans la volonté, tu branchais la guitare et même si tu as un son de merde tu jouais, c’était le vrai côté punk qui nous plaisait. Mais après dix ans comme ça, c’est maintenant très intéressant de monter un nouveau spectacle où tu vas beaucoup plus loin dans les sentiments procurés aux gens. C’est plein d’émotions différentes alors que le punk c’est direct.

Géraldine : Avec The Dodoz, on se disait : « ah regarde ces groupes qui déclenchent des séquences, c’est des branleurs, nous on joue, on est des vrais » mais en fait non, c’est juste un boulot de ouf ! (rires) C’est juste pas possible, c’était nous les branleurs.


LBS : Mais comment, avec toute nouvelle production, garder l’énergie en live ?

Jules : On les a pas encore beaucoup joué pour l’instant en live donc ils sont encore spontanés même pour nous.

Géraldine : On va essayer de la garder. On a plus essayé de rajouter de la production sur scène. Après le côté spontané il est tellement déjà là qu’on essaye de la calmer (rires).  Mais même quand on le calme, ça revient. On a des passages qui sont encore plus bourrins que sur The Dodoz dans notre set live mais ce qu’on aime aussi.

Adrien : C’est canalisé mais y a des moments où ça explose mais lors de la chanson d’après ça redevient hyper pop, plus maitrisé, c’est important pour nous de ne pas renier complètement là où on vient en intégrant des passages comme ça, pour nous c’est important. Cette énergie, cette spontanéité, c’est ce qui a fait la réputation de The Dodoz avant, on n’a pas envie de le perdre c’est aussi la raison pour laquelle on fait de la musique. En live, si c’est trop policé partout on perdrait cette fraîcheur là et ça donnerait quelque chose sans vie. C’est important.

LBS : Et comment se sont passées les premières parties de The Do ?

Jules : Hyper bien ! Ça nous a permis de bosser et de nous rendre compte des petits défauts sur telle ou telle chanson et on a vraiment travaillé, c’était un super support de travail. Le premier concert c’était la catastrophe et le dernier c’était super, tout le monde était hyper content. Donc sur treize dates, dix étaient vraiment bien. Maintenant on sait où on va, avant on tâtonnait un peu.

Adrien : Comme en studio au départ, ça a été pareil en live, on cherchait notre truc. On était encore dans du The Dodoz et on cherchait le son qui allait faire que ça allait sonner nouveau pour nous et pour les gens. Ce qui est cool, c’est qu’on continue de faire évoluer le projet.

 

Merci à Las Aves, Annes-Sophie Lambell du label Cinq7/Wagram.