Jukebox #9 : « S’en aller » – Saez

saez solidays

 


Avril 2008. Paris.
De Varsovie à l’Alhambra en passant par Paris, Saez sort son quatrième album post-rupture avec Katarzyna, compagne polonaise.

« Et puis suivre l’hirondelle
Puisqu’au feu est la colombe
L’amour sera notre ciel
Mon amour, tu seras ma tombe.

saez solidays

Puisque l’on s’aime
Puisque moi j’y crois, encore
Quand tu dis que tu m’aimes

Que tu m’aimes a l’amour
Que tu m’aimes a la mort
Tant qu’on respire encore
Tant qu’on respire encore »

Plus tôt, en 1999, Saez avait rencontré William Sheller, du côté de Dijon. Je n’y suis jamais allée, à ce concert. Je n’avais jamais entendu parler de cette rencontre mais pourtant l’un et l’autre faisaient partie – et font toujours partie – de ces musiciens – que j’avais plaisir à écouter, partagée entre soulagement et douceur. Partagée entre mélancolie salvatrice et tristesse  reposante. J’ai croisé l’information alors que je voulais comprendre qui est cet homme torturé qui écrivait des textes qui me faisait ce bien que personne ne semblait comprendre. Ses textes m’apaisaient, paradoxe du bonhomme.

Je n’ai jamais compris pourquoi. Je n’ai jamais cherché à comprendre. C’était là et c’était l’essentiel. On croit toujours que la musique ne fait que passer, quelques minutes en radio, d’autres encore dans un autoradio cassette dans une vieille Renault 19 pourrie dont on ne sait plus comment fermer la porte à l’avant côté passager. C’est « Jeune et con » qu’on a tous entendu au moins une fois, qui fait écho aujourd’hui avec « Fils de France » et « Jeunesse lève-toi », trio de tête d’un artiste polémique qui n’en finit plus de faire parler de lui. « Les fils d’Artaud », « À nos amours », « Aux encres des amours« . Autre trio de Messine, l’avant-dernier né. « Chatillon sur Seine », « Ma petite couturière » et « Les meurtrières« .

Sa carrière aussi étrange soit-elle – on passera outre l’album J’accuse et Miami dont je ne peux parler puisque je ne l’ai pas écouté – a accompagné ce qu’il me restait de nuits et avec un sourire béat et satisfait, j’écoute « S’en aller » avec les mêmes frissons que les jours qui y sont accrochés, au pan de mes journées d’alors et celles qui ont suivi ensuite, plus tard, une fois adulte.

De tous, il en est un qui reste. Un qu’on associé à des moments de nos vies, accompagnant nos victoires comme nos défaites. « À regarder les étoiles, à sauver notre idéal« . De ce morceau se dégage une force, une envie de croire encore. Quelque chose qui fait qu’on sait pourquoi on tient debout. Une lucidité à travers de nombreuses choses de notre quotidien. S’en aller. « Tant qu’on respire encore« .