Séverin

Si la photo est floue, Séverin n’a pourtant aucune difficulté à faire le point, à tomber juste lorsqu’il s’agit de présenter son tout premier album. Après deux albums pop-rock avec Lafayette sous le nom de One-two, son album concept « Cheesecake » où il s’était très bien entourée de quatorze chanteuses, Séverin arrive enfin, seul. Après avoir accompagné sur de nombreuses scènes la chanteuse Liza Manili dont il a réalisé le premier album, Séverin propose aujourd’hui un album éponyme à la hauteur des attentes nées de ses précédentes expériences musicales.

Il y a quelque chose d’Etienne Daho dans la musique de Séverin, des sons des années 80 pop-mélancoliques, un peu d’Alex Beaupain et d’une nostalgie presque cinématographique. Enregistré en partie dans son home studio avec ses qualités de multi-instrumentiste, son album, simplement intitulé Séverin, est à la fois frais et léger, désenchanté et intimiste. Entre deux feux, Séverin joue avec nos émotions, dresse des portraits comme dans « La Revanche » qui décrit le parcours d’une artiste propulsée sur le devant de la scène, ou encore avec « Dans les graviers » où plane l’ombre d’une absence, d’un père fantôme. « Sexplication » arrive à point nommé pour nous faire danser avec son entêtant refrain « Garçon, glaçon, si tu réveilles en moi mon côté garçon glaçon, tu découvriras vite mon côté garçon-garçon « . On retrouve également un titre déjà dévoilé précédemment, « Un été andalou », où l’on ne peut s’empêcher d’y voir une note de l’univers de Jacno.

Rétro, juste ce qu’il faut, Séverin entonne une « Première déclaration » qui commence plutôt bien. Des textes malins sur une pop française de qualité, l’artiste signe ici de belles mélodies qui s’imposent comme la bande originale de vrais moments de vie. Complexe et complet, sans concept en facade, Séverin décrit une part de son monde, et c’est peut être pour cela que tout sonne juste.

 

1er album « Séverin » (Cinq7/Wagram) disponible depuis le 29 mai

En concert le 14 juin au Bus Palladium