Shaka Ponk démarre fort son White Pixel Tour au Bataclan

Fraichement décoré Chevalier des Arts et Lettres par la ministre de la culture Aurélie Filippetti, Shaka Ponk joue ce soir à guichet fermé au Bataclan de Paris. Fort de son nouvel album The White Pixel Ape, sorti le 17 mars, Shaka Ponk vient présenter son nouveau show à la scénographie folle et à l’énergie galvanisante. Pas de temps à perdre, c’est parti.

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Le matin même, le groupe français totalement loco était au ministère de la culture pour être fait Chevalier des Arts et Lettres. Même dans ce cadre strict un brin prout-prout, Shaka Ponk a fait le show en y allant en jupe. Cette décoration a provoqué une grande campagne de Tweet Bashing débile et gratuite mais qu’importe le combo simio-humain est en tête du top album iTunes depuis le premier jour de sortie de son nouvel album The White Pixel Ape. Fort du succès considérable de The Geeks and the Jerkin’ Socks sorti en 2011 (certifié disque de platine) et d’une tournée européenne gigantesque de près de deux ans (victoire de la musique Spectacle musical en 2013), Shaka Ponk semble plus que jamais convaincu qu’il va dans la bonne direction et que son public est à fond de chez à fond.

Après quelques dates en province pour huiler le show, ce soir Shaka Ponk s’attaque à la capitale pour un soir de fête exceptionnelle. Le Bataclan est plein comme un œuf, les premiers rangs sont squattés par des fans portant tout le marchandising du groupe de toutes les tournées précédentes. Tout le monde a le sourire, l’ambiance est cool et certains mecs se chauffent pour sauter dans tous les sens et pogoter jusqu’à l’épuisement. Les lumières s’éteignent et on comprend qu’il n’y a pas de temps pour une première partie ce soir. Une violoncelliste étrange et gigantesque apparaît sur l’écran à led qui forme le fond de scène et débute une intro hypnotique. Les quatre musiciens prennent place à chaque coin de scène, laissant le centre totalement nu. L’imagerie du groupe a changé et est tournée vers la religion, le diable et  se termine par une prophétie proche de celle d’Ezéchiel. Avec un rythme déjà uptempo par rapport aux normales saisonnières, le tout éclate pour l’entrée de Frah et de Samantha. Les deux chanteurs sont habillés en noir et portent des t-shirts avec le logo du comics The Punisher. Leur look contrebalance avec celui des autres musiciens immaculés de blanc. Le ying et le yang, les anges et les démons, la dichotomie rock ne va pas faire dans la demi-mesure.

Remonté comme un coucou, Shaka Ponk démarre à fond les ballons avec l’excellente Black Listed, extraite de son dernier album. Ca fuse dans tous les sens, le public commence à se pousser, déjà les premiers mecs crowd-surfent et Frah fait des acrobaties. Des pixels/blocs blancs trainent un peu partout sur scène et le groupe les utilise pour surplomber les spectateurs, se jeter sur eux ou faire n’importe quoi avec. Afin d’entamer Twisted Mind, Frah débute la chanson avec un remix electro déglingué de Personnal Jesus de Depeche Mode. L’énergie déployée est hallucinante et tout est ultra minuté. Comme lors de la tournée précédente, il y a des caméras partout : sur les micros, les instruments, sur scène. Même un cameraman embarqué est avec eux sur scène. Avec l’enchainement de Come On Cama, On The Road et Shiza Radio, tout le monde se demande comment le groupe va résister longtemps en étant aussi mobile. Sur Last Alone, un de leur nouveau titre, Sam a la même rage rock et veineuse que celle de Skin de Skunk Anansie avec qui le groupe a partagé un duo. Pas un blanc, pas une seconde de silence, la musique ne s’arrête jamais et les esprits n’ont quasiment jamais le temps de se poser. C’est aussi ça la force Shaka Ponk, celle d’emporter dans un tourbillon supersonique sans fin.

Visuellement les aventures de Mr.Goz, singe symbole du groupe, ont évolué. Il n’était avant qu’un personnage pop dans un univers coloré et extraverti. Il accompagnait les membres du groupe dans leurs danses et servait principalement d’attraction visuelle amusante. Pour The White Pixel Ape, Shaka Ponk lui a inventé sa planète, son monde. C’est un univers post-apocalyptique où les singes vivent avec des plantes mutantes géantes et des robots mono taches qui essayent de recréer les divertissements humains de manière mécanique. Du surf, de la danse, de la musique… Les robots essaient tout mais n’y arrive pas aussi bien que les humains comme le prouve ce versus de batterie de Lon contre un gorille de l’espace dans un Battle permettant d’introduire le titre Picky, extrait de The Geeks and the Jerkin’ Socks. Se revendiquant Zen malgré une farouche envie de tout défoncer sur scène, il y a une forte symbolique indienne dans ce nouveau show avec des Ganesh géant ou des effets spéciaux où Frah se transforme en Shiva. Le visuel autour du groupe est fabuleux. Il donne un véritable plus au spectacle et n’apparaît pas comme un gadget, bien au contraire. Sur Scarify, les deux chanteurs ont une chorégraphie très précise et très symbolique autour de la crucifixion et de l’ange déchu, une thématique très forte autour d’une genèse et de la place de Dieu et ses démons.

Après un enchainement à toute blinde avant la finish line, Shaka Ponk lâche Te Gusta Me, Stain et 6xLove. Pas rassasié et avec une envie de faire encore quelques galipettes et même un saut de l’ange dans le public, le groupe revient et termine en beauté avec Lucky G1rl et Morir Cantando. Complètement flyé du cerveau, boosté à 200km heures, Shaka Ponk est une arme de destruction massive aux batteries nucléaires. Le groupe est parti pour une tournée nationale conséquente et pour faire jumper comme des dingues les festivaliers cet été. Le combo monte le niveau de ses spectacles d’un cran, le visuel aussi. Quoi qu’en pensent ceux qui critiquent, Shaka Ponk est le groupe indé-français qui se donne les moyens de repousser les limites et être toujours et encore plus spectaculaire. R.E.S.P.E.C.T   !