Solidays : Acte I

Pour la 14ème année consécutive, Solidarité Sida organise son festival musical et militant pour récolter des fonds mais aussi sensibiliser l’opinion à la ferveur nécessaire du combat que cette association mène dans le monde entier. Un mot d’ordre pour 2012 : « Embrassez vos envies »

A 18h, la foule se presse à l’entrée. Côté camping et contrôle des billets, elle n’en finit pas d’affluer espérant être à l’heure pour Didier Wampas et Le Peuple de l’Herbe qui attaquent à 19h. Mais déjà à l’intérieur, ils sont nombreux affalés dans l’herbe ou à faire la queue dans les nombreuses buvettes et autres restaurants des quatre coins du monde. Aux Solidays, mieux vaut manger tôt pour ne pas perdre de temps entre deux scènes. Coup d’oeil sur la programmation et vent de panique, il va falloir faire un choix entre Selah Sue et La Grande Sophie, Miles Kane et Orelsan. Cornélien, tout de même.

Du côté de Bagatelle, impossible de s’approcher, le Peuple de L’herbe entraine la foule dans son énergie habituelle, ça danse et ça s’agite dans tout les sens. Du haut de la butte qui descend vers la scène, c’est un très beau spectacle. Mais profitons du soleil pour flâner un peu dans le village « Solidays » où les associations sont nombreuses (Le Bus des Femmes, Léo Lagrange, le Syndicat des Travailleurs du Sexe..). D’années en années, les stands changent, évoluent et ainsi Solidarité Sida permet à de nombreuses associations de faire parler de leurs combats et leurs actions quotidiennes.

Une chose est sûre, si la musique prime à Solidays, on ne peut repartir sans avoir fait sa piqûre de rappel essentielle en matière de prévention et d’information sur le Sida et autres problématiques sociales que nous aurions peut-être tendance à oublier dans notre quotidien. Entre chaque concert, la foule va et vient entre les stands et les expositions et prennent leurs stylos pour signer pétitions et engagements. En route vers la scène Paris, il y a le stand du patchwork des noms dont la cérémonie a lieu le dimanche de chaque solidays : un hommage rendu aux morts du sida.

La mise en jambe parfaite pour une soirée de folie ? Le concert des musiciens du métro au César Circus. Toujours un grand moment des Solidays. On s’arrête le temps de quelques reprises soul, de swing un peu énervé. Ceux qui passent devant s’y arrêtent forcément.

Un peu plus loin, Bénabar fait son entrée en scène. Une foule un peu plus disparate et familiale que chez Ben Howard sous le chapiteau Domino, interprète de l’excellent « The Wolwes » : un détour semble donc presque obligatoire.

Entre temps, Bénabar a réveillé la foule avec ses tubes : « Le Diner » fait danser et chanteur en choeur le public, « Dis moi oui » et « L’Effet Papillon » font une suite et une fin parfaite à ce concert énergique et dansant. Fin des négociations : Bénabar, ses 8 musiciens et ses choristes ont rempli leurs contrats en chassant le nuage qui planait au-dessus de nos têtes. Chapeau bas.

Il est presque 21h et la foule se sépare en deux. Dôme ou Bagatelle. Choisis ton camp. Question de curiosité, je choisis le Dôme et le très attendu Orelsan. Le public s’agglutine et chacun essaie de se trouver une petite place. Chercher à voir la scène ou les écrans, c’est peine perdue, le rappeur aurait mérité une plus grande scène. Mais Orelsan envoie une vraie décharge d’énergie dans le public avec des mélodies fortes et efficaces cherchant aussi à faire inter-agir ceux qui reprennent en choeur chacun des refrains. « On traine, on tise, on cherche à vivre des histoires fantastiques » sonne presque comme le programme des jeunes festivaliers, déjà bien motivés pour trois jours de folie. Rien à redire, Orelsan est un vrai showman et l’efficacité de « La Terre est Ronde » n’est désormais plus à prouver.

Après « Suicide Social » direction la scène du Domino pour le concert de la Grande Sophie alors que la majorité du public d’Orelsan se presse pour le concert de Selah Sue. Carton assuré pour la blonde de Raggamuffin mais la place du fantôme de la Grande Sophie me tente davantage. Et si la foule est un peu disparate sous le chapiteau, la Grande Sophie ouvre le bal avec le superbe titre « Ma radio ». Ne manquant ni de sensibilité ni d’énergie, la chanteuse n’a aucune peine à conquérir le coeur des festivaliers.

De retour vers Bagatelle où tout le monde se presse au concert de Metronomy où l’excellent groupe anglais entame la deuxième partie de soirée, qui promet d’être très festive. Epargnée par la pluie, la foule s’enflamme au son de « She wants ». Du pur son et l’esprit solidays comme on l’aime. Une belle introduction à l’incroyable concert des Birdy Nam Nam avec un public en délire. L’envol !

The Kills et We are the 90’s ont clôturé la soirée, mais nous n’y étions pas. Pour tenir trois jours, il faut apprendre à s’économiser.

A suivre…