Solidays : Acte II

 

Le soleil est encore bien présent sur les pelouses de l’hippodrome Longchamp. Malgré quelques nuages la foule se presse dans les allées et profite des rayons de soleil ponctuel entre deux concerts. Comme chaque année, la programmation du samedi est la plus festive, la plus rock, la plus électro : moins de familles, plus de jeunes prêts à faire la fête jusqu’à l’aube.

A Paris, Izia arrive pour enflammer les Solidays pour la troisième fois. Beaucoup de curieux et pas mal de fans se pressent autour de la scène à l’arrivée de la chanteuse. Fraîche et énergique, Izia provoque, s’amuse avec la foule venue l’applaudir. Pleine d’énergie, avec ce qu’il faut de provocation, la jeune femme continue d’étonner. Loin de la Janis Joplin à laquelle on l’a trop souvent comparée, elle n’est pour autant pas en reste niveau talent : le set est ponctué de titres très forts et la demoiselle chante d’une voix bien plus assurée, contrôlée que lors de sa précédente tournée. « Twenty times a day » en clôture offre un des grands moments des Solidays 2012

Direction Bagatelle, pour Skip The Use, quel show ! C’est la folie dans le public, les ex-Carson n’en sont pas à leur coup d’essai sur la scène punk-rock mais devenu populaire cette année  : l’annonce de leur programmation a attiré les festivaliers, venus très nombreux. Ils ne se sont pas trompés car musicalement, c’est sûrement l’un des meilleurs concerts depuis le début des Solidays.

Au Domino, c’est Youssoupha qui prend le relais de la jeune rockeuse. Après le succès du concert d’Orelsan, le rappeur prend le relais de la programmation rap, d’excellente qualité cette année. Le chapiteau déborde de tous les côtés : une vraie victoire pour ce rappeur qui est l’artisan de son propre succès. Indépendant, c’est grâce au soutien du public, au bouche à oreille qu’il se retrouve aujourd’hui tête d’affiche d’un festival aussi populaire, grâce à lui qu’aujourd’hui il se voit propulsé au rayon des rappeurs dont tout le monde parle. Sauf qu’avant tout ça, Youssoupha est un maître dans sa discipline. Ses textes fusent, claquent et sont repris en choeur.

Entre deux concerts, les écrans affichent le match France-Espagne. Une victoire est espérée du côté des festivaliers, histoire de trouver une raison supplémentaire de célébrer ce 23 juin. Malheureusement, la France n’ira pas en demi-finale mais il reste la musique et notamment Zebda sur la scène Paris pour continuer la soirée dans la joie et la bonne humeur.

« Frappe dans tes mains. Vue d’ici c’est beau » scande Magyd. D’ici aussi, la scène est en feu. La foule quitte petit à petit le bout du monde et les autres restaurants pour s’amasser devant la grande scène pour danser et reprendre en choeurs les titres, tous très connus, du groupe toulousain. Toujours d’aussi efficaces ambianceurs, le concert de Zebda est l’une des plus belles réussites depuis l’ouverture des portes des Solidays 2012. Les festivaliers font voler leurs chemises sur le tube incontournable des années 2000 avant de laisser Zebda quitter la scène sur « Motivés ». On aurait pas mieux trouver pour résumer cette deuxième soirée Solidays que les paroles du groupe repris par un public en furie.   Car c’est bien la fureur de vivre qui anime ce festival, unique en son genre.

« Et c´est ainsi chez nous et c´est pareil ailleurs
Tout ce que ce vilain monde a fait de meilleur
Se trouvait là juste pour le plaisir
Ce jour là je peux dire qu´on s´est fait plaisir »