STEPHANE ROUSSEAU : HUMORISTE, CHANTEUR… ET UN PEU PRINCESSE

Aller voir un spectacle humoristique et se retrouver face à une sorte de show hybride, entre humour et chansons, cela peut déstabiliser. C’est pourtant devenu une habitude pour Stéphane Rousseau, reconnu dans toute la francophonie comme un artiste aux multiples talents.
La sobriété, il ne connait pas ! Stéphane Rousseau occupe la scène entièrement, épaulé cette fois par deux musiciens de chez lui : Emmanuelle Caplette à la batterie et William Croft aux claviers. La musique omniprésente, les jeux de lumières flamboyants, Un peu princesse évolue et le stand up prend parfois des allures de concert rock.
Plusieurs chansons viennent ainsi ponctuer la représentation. Tantôt originales et décalées – difficile de ne pas sourire face à sa caricature « des chanteurs dépressifs », tant français que québécois -, tantôt des reprises, glissées entre deux numéros comiques. Le public reprend avec lui les inoubliables Hélène de Roch Voisine et Les ailes d’un ange de Robert Charlebois.
Rousseau a une voix et un sens indéniable du spectacle. On sent que la musique le démange de plus en plus. Il a d’ailleurs avoué à plusieurs reprises que l’idée de lancer son propre disque le faisait rêver. Pourtant, on n’a pu l’entendre jusqu’ici que dans des productions musicales décalées, voire carrément douteuses. Comme s’il n’osait pas. Un sentiment d’imposteur peut-être ou de la pudeur, tout simplement.
Un peu princesse (ou Brise la glace en Europe) est le sixième spectacle en carrière de Stéphane Rousseau. Il y parle du temps qui passe, des femmes – deux sujets récurrents dans ses spectacles –, de la paternité, de l’amour. Il ressuscite également, l’espace d’un instant, Madame Jigger, personnage extrêmement populaire au Québec, et l’étincelant Rico.
« Pourquoi rêver d’être Bono au Stade quand on peut être Rousseau à Montréal ? », lance-t-il avant de reprendre, avec une aisance déconcertante, Where the street have no names, de U2.