Editos / 01/06/2013

Taratata mon amour

Il y a quelques semaines déjà, la rumeur courait. On évoquait qu’au nom des restrictions budgétaires chez France Télévisions, Taratata n’existerait plus. Rangé dans les rayons archives du service public, au même titre que Chabada. Car la musique, celle qui vous accompagne, vous fait grandir, vous bouleverse, vous anime ne fait pas partie des missions de service public attribuées aux 4 chaines du groupe.

C’est officiel depuis cet après-midi. Taratata jouera son dernier générique lors du dernier enregistrement de la saison le 13 juin prochain. L’année de son vingtième anniversaire, après une première résurrection il y a quelques années. Dernier Clap. Derniers Lives.

Quand a retenti pour la première fois le générique composé par Jean-Jacques Goldman, je me préoccupais davantage de Mickey que de Bernard Lavilliers (un des premiers invités). Et puis plus tard, au moment de sa reprise (car entre temps j’ai eu l’âge des comédies musicales et des Années Tubes), Taratata est devenue ma cave au trésor. J’y ai découvert des artistes, retrouvé des chansons avec d’autres voix, eu de sacrés coups de foudre musicaux. Je n’ai pas souvent contribué à l’audience du direct – à l’heure tardive, j’étais déjà souvent dans une salle de concert. Le replay était le bon compagnon des insomnies.

Lorsque j’ai commencé à travailler dans la musique, Taratata était le sésame absolu. Pour certains le symbole de la hype, pour d’autres la consécration. Tout dépendait du point de vue. Je n’étais à ce moment là, pas du bon côté.

Puis un jour, je suis arrivée à la télé. Par accident. Dans une dite musicale, qui n’en était pas une. Enfin bref, Taratata est devenu un peu le St Graal, je m’accommodais de tous les sacrifices auditifs de ma programmation musicale avec en tête l’idée qu’un jour peut-être… Taratata ou une autre, enfin une de ce rang là. C’est pour ça que j’ai choisi la télévision pour qu’elle s’unisse à la musique, non pas comme je l’ai trop souvent vue ou entendue mais comme on pouvait la voir sur Taratata, telle qu’elle est. En live. Sans contraindre les artistes à de multiples pirouettes promotionnelles. Quelque chose d’idéal mais tout aussi imparfait (c’est le charme de la production humaine contre le temps de cerveau disponible pour Coca Cola).

Avec l’arrêt de Taratata, c’est le combat d’une production qu’on enterre, d’une production qui cache des gens, qui comme moi, ont autant d’envie que de passion. Il n’y aura plus de musique à la rentrée sur le service public, plus de musique comme on devrait la diffuser, plus de micros ouverts pour des artistes qui ont un métier à exercer, des chansons à partager.

Et à titre complètement personnel, c’est un peu mon rêve qu’on range six pieds sous terre. Malheureusement, les programmes qui arrivent ne sont pas dans l’énergie attendue. La force de celui-ci était au moins d’être inscrit au patrimoine, rangés parmi les indétrônables. Et pourtant….

Bon Anniversaire Taratata. Mille mercis et autant de bravos à tous les gens d’Air. Sans mauvais jeu de mots, vous l’êtes vraiment.

 

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Tags:  france televisions grille des programmes mon taratata à moi nagui taratata

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Diane Roudeix
Rédactrice en chef de La Bande Sonore




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