Un lundi de juin à l’Alhambra ou comment je me suis faite avoir par Merwan Rim

On m’a invité au concert de Merwan Rim. Et j’y suis allée.

Je n’ai pas aimé l’album. Je n’ai d’ailleurs trouvé vraiment bonne aucune comédie musicale depuis Notre Dame de Paris. Question de générations certainement (et d’évolution surtout). Mais j’ai reçu Merwan Rim, de nom inconnu mais au visage familier dans une émission sur laquelle je travaillais. Et puis j’ai adoré le gars, sympa, souriant, avenant : le genre d’invité que tu ne peux qu’adorer et que tu voudrais bien même supplier de revenir plus souvent. En faisant le montage d’un portrait de 26 min en 3 jours, j’ai réalisé que la plupart de ses titres étaient au moins très efficaces. Le « Dis moi encore que tu m’aimes » m’a hanté pendant plusieurs semaines. (Parce que toi aussi, si tu fais tes courses ailleurs que sur Internet, tu connais forcément…)

Bref l’album a plutôt bien démarré avec l’aide d’un matraquage radio et d’un tour de France des showcase. Autre point positif : Merwan Rim n’est pas feignant.

En même temps, sa tournée démarre, avec une équipe de musiciens solides, et plutôt bons avouons-le. Alors quand on m’a proposé de venir au concert, j’ai fini par céder. « Mouais, pourquoi pas. » Finalement plus pour faire plaisir que par réelle conviction avec une solution qui trotte en tête « Au pire, je reste pas. » (mais bon pour que je quitte une salle, il faut vraiment que cela soit TRES mauvais)

Lundi 11 juin, 20h à l’Alhambra. Le trottoir est inondé de fans, plus ou moins jeunes, certes pour la plupart des demoiselles mais au moins entre 13 et 30 ans. Je suis  en plein dans la cible, parfait pour passer incognito. Côté invités, Olivier Mine, Karima Charni, Laurie Cholewa font la queue. Bref, des gens populaires mais qui sont loin d’être les plus bêtes.

J’ai raté Pascal Danaé en 1ère partie, parce que j’avais une bière à la main. Je suis donc arrivée pour la deuxième première partie (oui ça existe encore, deux premières parties, et c’est pas plus mal). Meline, jeune blonde vénitienne flippée en guitare voix. Apparemment, elle a fait Mozart l’Opéra Rock, aussi, car à l’annonce de son nom par Merwan himself, c’est un peu l’hystérie autour de moi. Elle chante un titre, puis deux, puis trois. J’accroche pas. Mais elle a tellement peur qu’elle en est touchante. Entre deux chansons, un petit discours introduit par un « Je pensais que ce jour n’arriverait jamais » qui vient me gifler jusqu’au dernier rang de la fosse. Elle repère Solal, lui aussi un des habitués des comédies musicales « Ah oui y a vraiment toute la famille ce soir ». Merde, elle va me faire pleurer la vilaine.

 A cette seconde, j’ai pensé à tous ces artistes, ces jeunes repérés lors des longs et laborieux castings de Bruno Berbérès (maître en la matière), propulsés sur les plateaux-télé, en tournée. Ils croient sûrement au tremplin, mais contrairement à Garou, Patrick Fiori ou encore Emmanuel Moire, on ne leur propose pas de contrats, on ne leur donne plus la chance d’être autre chose que le personnage qu’ils incarnent le temps d’une tournée. Parce que les disques ne se vendent plus, parce qu’il y a déjà « trop » d’artistes de variété signés en major qui ne dépassent pas les 20 000 copies écoulées, parce qu’on ne sait pas, non plus, les orienter artistiquement et quoi faire de ces artistes, en devenir. Ils ne sont finalement que des poupées qu’on déguisent et qu’on range dans le coffre une fois que leur costume commence à s’effilocher, que la coiffure ne tient plus.

Mais revenons à « L’échappée Tour »… parce que Merwan finit par faire son entrée sous les cris d’une salle pleine (Un concert sold out à Paris c’est assez rare pour que cela soit souligné).

Au début Merwan m’a fait rire, je dois avouer, m’être sentie à des années lumières de la bande de jeunes filles excitées qui s’accrochaient à la scène. Mais quand même… plusieurs mois après ben je me rappelais des paroles, et puis j’ai applaudi bien fort aussi. Parce que Merwan, c’est quand même un mec qui a mérité sa place bordel, 10 ans qu’il prépare ses chansons, attendant sa chance. Et aujourd’hui en dehors des coups de pouce qui lui sont donnés, il a choisi de la saisir. Il est heureux, ça se sent, ça se voit et il le répète assez pour sa joie en devienne communicative. C’est rare de voir aujourd’hui un artiste de variété privé des automatismes, souriant comme un gosse, les larmes aux yeux de vivre ça. C’est rare et c’est finalement ce que Merwan a partagé avec son public ce soir là…

Alors je ne vais pas mentir en disant que je suis aujourd’hui convaincue par ce qu’il propose artistiquement; Ce n’est pas ma tasse de thé, mais RESPECT Merwan et continue de kiffer. T’es beau quand tu pleures.