Culture Box / Portraits / 13/07/2012

« Un soir de retour » à Mano Solo

Lecture aléatoire d’un soir de pluie en été.

Le calme apparent est transpercé par une foule hurlant son espoir, son envie, sa rage. Envahit par la vie. C’était le « Sha la la » de Mano Solo, la version de la Marche, sorti en 2002. Je me suis souvenue de notre rencontre, simple et improbable, de l’unique concert auquel j’ai eu la chance d’assister. « Roule ta bille du Sacré Coeur jusqu’à Bastille ». J’avais presque oublié qu’il était mort, Mano. Il y a plus de deux ans, déjà.

« Croyez pas que j’vous abandonne même si, encore une fois, je vous laisse le pire: les larmes qu’on verse sur la mort d’un homme »

Il reste sa voix et autant d’écrits, de cris aussi. Ils sont restés imprimés sur du papier, gravés sur des disques, immortalisés chez ceux qui, un jour, ont croisé sa route. Auteur, compositeur et chanteur, Mano Solo a déchiré des milliers d’âmes, a fait danser les foules du tourtour jusqu’aux campagnes sur des airs de tangos, des rythmes africains ou des rengaines parisiennes. De ces mélodies bouleversantes, il reste des merveilles, des moments de vérité, des instants fragiles mais immortels. Sa noirceur lui fût reproché, par ceux qui n’avaient jamais croisé son sourire, senti son élan comme un vent dans le dos qui pousse en avant : toi, moi, puis elle, lui… toute cette foule sur un air de « Sha la la ». Car ce que Mano tenait en ses mots n’était rien d’autre qu’une jeunesse désarmée, désorientée mais portée par une fureur de vivre, qui n’a pas de prix.

De la Marmaille nue aux Années sombres, toujours dans La Marche, jamais ne l’a quitté l’espoir. Jamais Mano ne fût autre que lui-même : complexe, révolté, entier. Sans faux semblant, sans retenue mais avec pudeur, Mano a parlé de lui pour faire taire certains, pour accompagner la parole des autres : communiste de l’idée, de l’initiative, humaniste de conviction. C’est au cours de la tournée de son dernier album « Rentrer au Port » que Mano s’en est allé sur la caravane des chevaux d’Aubervilliers peut-être, s’en est allé tout en demeurant cette émotion éternelle, celle qui vous étreint à l’infini… De l’eau plein les yeux dans laquelle baigne autant de tristesse que d’espoir.

« Quand les rues se vident le soir
Moi je reste là sur mon bout d’trottoir
À regarder le bleu qui devient noir,
Le bleu, qui devient noir !
Et je sais que toi aussi là-bas
Comme moi, dans tes yeux brille le même éclat
À quoi tu penses, moi je sais pas
Mais moi, je pense à toi
Et je me souviens, de tout, de rien,
Je me souviens surtout de toi
Et ça fait
Shala la, shala la, shala la la la. »


Tags:  cabu je suis venu vous voir la marche la marmaille nue les chevaux d'aubervilliers live au tourtour mano solo rentrer au port sacré coeur sha la la

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Diane Roudeix
Rédactrice en chef de La Bande Sonore




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