« Vengeance » chante Biolay

 

« Le sommeil attendra » c’est l’heure d’écouter, en plutôt de parler du nouveau Biolay. Plusieurs années d’attente et surtout une attente attisée par des informations diffusées au compte goutte faisant de « Vengeance », l’album le plus attendu de cette rentrée. Attendu au tournant, peut-être, par certains après l’immense succès de « La Superbe », de la tournée qui l’a suivi : public et professionnels avaient enfin décidé de rendre ses lettres de noblesse au BB qui signait déjà l’inoubliable « Jardin d’Hiver » d’Henri Salvador il y a douze ans.Et pourtant si ces albums ont parfois été de qualités inégales, Biolay n’a pas changé. Mélancolique, parfois violent. Poète moderne. Complexe. Sa vengeance d’aujourd’hui ne se dirige certainement pas contre lui-même.

 

Le ton est plus enlevé, d’une mélancolie plus incarné. Electrisant « Sous le lac gelé », Biolay est un artiste brillant. A sa noirceur, il convie Gesa Hansen ou encore Julia Stone, qui apporte sa candeur sur « Confettis », « loin des merles moqueurs », un peu de douceur. L’artiste aime surprendre et peut-être jouer avec les étiquettes accumulées au fil des années. Dans les nuits rouges et noires, sur les banquettes en velours, on dansera certainement sur « Marlène déconne », chanson d’amour moderne, un brin 80’s, inspiré par les Smiths : un titre qui s’incarne dans les jambes des filles dansant sur les pistes platine, où la hauteur légère feint le naturel d’une évidente séduction. Et tout le monde reprend le « Y’a pas mort d’homme ». Scandé presque pour justifier l’enivrement des corps qui se balancent, oubliant ceux qui restent. « L’insigne honneur » entre claps et synthés sont là pour rappeler l’élégance de 1985, l’héritage des Jacno et autres génies de cette décennie.

Et dans cette énergie qui surprend, apparaît, sans prévenir, « Personne dans mon lit » : bouleversante, une mélodie qui kidnappe et serre l’intérieur, un air magistral des grandes chansons de la variété moderne. Hors du temps. Toute puissance. On est peut-etre là dans ce que Biolay peut offrir de plus grand en faisant baisser la tête de ceux qui oseraient encore clamer que l’auteur/compositeur ne sait pas chanter. Des airs de crooner, d’une voix qui chante l’amour de ce qui s’achève, « La Fin de la Fin », avec l’espoir d’un lendemain

« Trésor, trésor » : le Benjamin Biolay ne se cloître plus sur le tandem amoureux, et le monde autour se fait plus present, plus oppressant peut être même si « Vengeance » sonne aussi comme la revanche d’un artiste parfois décrié, parfois critiqué, par trop de succès certainement. Le monde, il le voit maintenant, il en joue, il s’en venge.

Les featurings sont nombreux sur ce disque. Biolay écrit et compose pour d’autres, mais partage aussi sa musique. Comme avec Orelsan sur « Ne regrette rien ». On pouvait le redouter, mais pourtant au milieu de machines en tempête, Orelsan déverse son flow déchainé, le noir de ses yeux dans une voix traitée. La lancinante mélancolie de BB et l’urgence du rappeur se mêle, avec évidence, dans cette supplique à l’instant présent. Et quand Vanessa Paradis s’invite dans l’album de Biolay, c’est une ode à la légèreté de l’instant, un duo langoureux sans concessions. « Mon amour, fais moi la courte. On en a plus rien à foutre. »

 Rien n’est simple chez Biolay mais aimer sa Vengeance devient pour nous comme une évidence.

Une Trash Superbe.

 

 Pour découvrir le clip de « Aime mon Amour », le premier single, c’est ici

 

Vengeance – Benjamin Biolay (Naive)

En tournée dans toute la France à partir de mars 2013

26/03/2013 au Casino de Paris

Site Officiel

 

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