Editos / 15/02/2014

Les Victoires de la musique ? C’était fort minable.

Par paresse, je n’avais rien dit sur les nominations. Il aurait fallu ré-expliquer le fonctionnement des votes, la composition de l’Académie des Victoires de la musique, la répartition des votes… J’ai préféré m’en plaindre en (presque) silence. Des catégories à trois nommés, d’autres à cinq et un artiste bien souvent en compétition avec lui-même.
Mais j’ai regardé pour vous la grande messe annuelle diffusée sur le service public. Ca a commencé faux., et fort pour le grand public. Stromaé et Christophe Maé ont été les premiers à se jeter dans l’arène, à la recherche de l’audience perdue.

On nous a répété plusieurs fois qu' »il n’y avait pas de playback ce soir », que tout était « live ». Et comme ça n’arrive qu’une fois par an (depuis l’arrêt de Taratata) dixit l’animatrice, on a pris soin d’offrir à tous ces artistes un son assez mauvais, sans retour, qui a privé public et téléspectateurs de toutes notes justes. Pour ne pas avoir à rougir devant les Grammy Awards, on a cru bon de rajouter quelques danseurs dont les chorégraphies auraient fait passé Kamel Ouali pour Noureev.

On passera au-dessus de toutes les réflexions abruties des animateurs (Nagui reviens!!), du gros malaise sur l’intervention au nom des intermittents, de l’hommage maladroit à Salvatore Adamo. On retiendra Albin de la Simone (malheureusement nommé dans la catégorie révélation scène), Vanessa Paradis, élégance fatale, accompagnée par Benjamin Biolay au piano sur « La Chanson des vieux Cons » et la persévérance de Cats on Trees. Mais on félicitera quand même l’excellente prestation de Christine and The Queens.

On ne vous précisera pas non plus qu’en 2014 être punk c’est dire « prout » dans un micro à une cérémonie cheep et ennuyeuse.

Ce n’est pas avec cette soirée que l’on aura compris le sacre de Stromaé (par ses pairs), l’attrait du public pour Indochine ou encore que le métier n’ait pas salué l’excellence de l’album d’Etienne Daho. Ce n’est pas ce soir que l’on aura eu, non plus, un exemple de l’élégance à la française (en période de sacre d’Yves Saint Laurent). Aucune trace de courage pour récompenser l’album de Détroit (seul rock de la sélection).

On l’appelle la grande messe car tout le monde fait semblant d’y croire et que cela fait toujours vendre quelques disques en plus. Le problème c’est qu’à force de faire semblant, ça ne ressemble plus à grand chose tout ça.

Ce soir, les Victoires, c’était fort minable.

 

 


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Diane Roudeix
Rédactrice en chef de La Bande Sonore




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