Villa Rosa, l’énergie séduisante de Da Silva

Il  s’était arrêté sur la Distance, dernier album paru en janvier 2012, un disque puissant et sombre. Après de multiples collaborations en tant qu’auteur/compositeur et réalisateur, Da Silva revient aujourd’hui avec un nouveau disque, Villa Rosa (Pias le Label).

Des chansons assumées et la voix claire comme jamais. Da Silva balaie avec son nouvel album un autre champ des possibles, une tracklist transversale du néo disco (le dansant et très réussi « Gin Fizz ») au rock, les années 80, des influences marquées désormais de son empreinte. Redoutable « Coureur de fond ».

Villa Rosa révèle chez Da Silva une lumière trop peu dévoilée sur ces précédents disques, une frénésie électro-pop, une autre puissance. Les textes demeurent mélancoliques, parfois tranchants, à contre-pieds des mélodies comme « La Remise » ou les envolées de « La Tasse ». Au-delà des désillusions, de la lassitude qu’il évoque parfois, l’artiste s’éloigne de toute pesanter réalisant un album aux arrangements aussi élégants que redoutables. Une succession de flashs, de décors et d’ambiances. Il hausse les épaules et sourit. L’implosion latente que semblait porter la Distance explose aujourd’hui dans des contrastes colorés et une énergie séduisante, sorte d’euphorie ambivalente, d’immersion jubilatoire. Du galop de « Villa Rosa » au bouleversant « L’été ».

Dix chansons seulement (mais aucune erreur). Un rythme soutenu, les titres filent, surfent… une course de fond, une fuite en avant vers milles routes à venir. Villa Rosa, cinquième et certainement meilleur album de Da Silva est sans conteste l’un des albums incontournables de cette fin d’année.

Da Silva – Villa Rosa (Pias Le Label)
En concert le 12 février prochain au Café de la Danse