« Pour défendre un album, il faut repartir sur les routes » Volo

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Nous avions rencontré Volo à l’occasion de la sortie de leur 4ème album, Sans rire. Les deux frères avaient accepté de répondre à quelques questions. Retour sur ce qui a permis à l’album d’exister.

Pour quelles raisons êtes vous retourné en studio, pour le plaisir ou pour l’envie de repartir en tournée ? L’exercice du studio vous plait vraiment ou c’est un prétexte pour repartir sur d’autres dates ?

Ce n’était pas tant un prétexte qu’une nécessité. Il se trouve que ça s’est aussi combiné pour nous dans un emploi du temps un peu particulier : on se séparait de notre label indépendant avec qui on avait démarré l’aventure. L’aventure ce sont trois albums en studio, un album live en acoustique et un best-of. On cherchait un nouveau partenaire. Et on a surtout eu plus de temps pour l’écrire. Jusqu’à présent on tournait aussi pour les Wriggles et dans ce calendrier on avait des périodes de pause qui servaient à Volo.

Pour défendre un album, il faut repartir sur les routes et donc avoir quelque chose à présenter au public. Parallèlement à l’écriture et la réalisation de l’album, il nous fallait combiner une recherche de label , qui prend du temps et demande de la patience : même si Volo existe déjà et a son propre public, les maisons de disque ne se sont pas battues. Et puis PlayOn est arrivé et l’album est là. Faire la scène ensuite, c’était un timing, on ne pouvait pas dire au tourneur de nous faire tourner en 2012 avec un album de 2009.
C’est la chance de notre métier d’avoir ces deux étapes. Tant qu’on aura des choses à raconter, on ira en studio, on fera des albums et le gros de notre boulot, on fera des tournées. Loin de nous de faire un album et de ne pas le défendre !

Musique festive ? Chansons française ? Vous êtes pourtant différents de la variété classique. Comment qualifiez vous votre musique ?

On a toujours défendu le fait que ce sont des chansons avec des histoires, des couplets et des refrains. Après, on s’est aussi amusé à aller du côté de la folk, des balades ou encore des morceaux davantage digérés de notre univers. Dire qu’il y a des gens qui nous inspirent c’est surtout reconnaitre qu’on a écouté beaucoup de musique et des choses aussi différentes que Bobby Lapointe et Jean-Jacques Goldmann, les morceaux francophones qu’écoutaient nos parents.

On a découvert récemment que « variété » ce n’était pas un gros mot. Après, nous ne sommes pas les seuls dans le paysage, il y a d’autres gens avec une même écriture narrative. On dit parfois de nous que nous sommes un groupe engagé. D’autres trouvent qu’on est très mélancoliques. On fait de la chanson avec des outils et manières de faire communes à beaucoup de gens. Et on est identifiables.

Vous êtes identifiables et pourtant vous avez changé de réalisateur pour ce dernier album. ça n’a rien changé ?

L’idée nous est venue sur cet album là de lâcher du lest et arrêter de porter les trois casquettes d’auteur-compositeur-réalisateur. Quand on a fait nos guitare-voix, notre éditeur nous a proposé une chanson de Florian Dubos et Jocelyn Moze, qui travaillaient déjà tous les deux ensemble. Et au premier envoi, on s’est dit que le tout respectait le cahier des charges de Volo. On a aussi eu cette sensation qu’on ne l’aurait jamais fait. C’est vrai que pourtant rien n’est gagné et qu’il fallait qu’on se rencontre pour faire démarrer une sorte de dynamique. On s’est dit que c’était la bonne équipe avec laquelle travailler. On voulait quelque chose de nouveau avec cet album : on l’a eu. De l’intérieur, on sent que c’est un album à part des trois autres.

Vous avez lâché du lest, pour mieux vous consacrer à l’écriture de chansons pour d’autres ?

Nous avons chacun écrit pour Zaz et Alizée par exemple mais la seconde est un peu différente, même si les deux réponde à un exercice de production : pour Alizée c’était un texte déjà écrit qui à un moment correspondait à ce qu’elle cherchait. On a réécrit certaines choses en fonction de ce qu’elle voulait. Et dans l’écriture de certaines chansons de Zaz, il y a plein de hasards heureux dans cette histoire : on connaissait de loin son parcours, on a le même label et le même éditeur. Elle aimait bien Volo et j’avais par le passé déposé deux chanson à notre éditeur qu’il lui a fait écouter. Il lui a proposé de faire une session en Touraine alors qu’on s’était rendu compte qu’elle avait grandi dans un village juste à côté du notre. On rentrait dans une période où on se disait qu’on pouvait écrire pour d’autre gens. Donc on est partis de là.

On écrit aussi pour d’autres comme Entre deux caisse, ou encore Christophe Gendreau des Wriggles. Plein de gens du milieu s’aperçoivent qu’on a travaillé pour Zaz par exemple et on peut tout à fait nous proposer quelqu’un d’improbable.

 

On attend avec impatience l’improbable.