Zaz : Recto/Verso et mille couleurs

 

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Ils sont nombreux ceux qui lui en ont voulu d’avoir chanter « Je veux ». Ou plutôt du succès populaire qu’a rencontré ce titre, ce premier single qui a propulsé Zaz dans une surexposition, provoquant un déchainement à son encontre frôlant la méchanceté gratuite bon nombre de fois. Et pourtant, déjà sur ce premier album, une porte s’ouvrait sur la richesse de sa personnalité, de son univers musical.

Elle revient avec son timbre de voix reconnaissable entre milles et de nouvelles chansons. Petit à petit, elle prend de la hauteur et se révèle. Le clair de voix de Zaz se veut toujours solaire, tourné dans des élans positifs comme avec « On ira » le premier extrait, « Nous debout », ou le « T’attends quoi » vindicativement souriant. « Comme si, comme ça » se balade aisément le timbre de Zaz, gorgé de sourires, mais aussi d’une fragilité plus ou moins évidente comme sur le très réussi « Gamine », « Si je perds » ou encore le doux « La lessive ». « J’ai tout escamoté » chante-t-elle sur des arrangements faubourgs parisiens, l’accordéon comme support à la mélancolie. Assumant avec finesse cette filiation imposée avec Edith Piaf qu’on lui avait attribué à la sortie de son premier album, comme avec « Toujours », miroir d’une identité qui ne se fourvoie pas, mais se déploie.

 Zaz laisse sur ce nouvel album dévoiler une partie de son caractère dans des ambiances musicales parfois inattendues, sous la guitare électrique du « Déterre » signé Buridane, sur le piano très variété de « Si » où la voix de Zaz se gorge de rondeurs, prends de l’ampleur. Des reliefs. Du scat, du jazz comme un exercice. Oublie Loulou. Ca swing et Zaz assume une double face. Recto/Verso.

Et c’est beau.